Agrocarburants : bienvenue dans l'enfer vert - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 21/01/2010 à 19h31 par Michel WALTER.


AGROCARBURANTS : BIENVENUE DANS L'ENFER VERT

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Agrocarburants : bienvenue dans l'enfer vert

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Par Nadia Djabali

Les agrocarburants seraient-ils la solution miracle pour limiter les émissions de CO2 et réagir à l'épuisement des ressources pétrolières ? S'ils représentent une manne financière pour de grands groupes industriels, leur efficacité énergétique est loin d'être prouvée, et leurs conséquences sociales et environnementales sont déplorables. Pourtant, en investissant des centaines de millions d'euros dans cette filière, l'Etat français continue de miser sur ce qui semble bien être une escroquerie.

La cause est entendue, il faut réduire la consommation mondiale d'énergie fossile. Pour freiner le dérèglement climatique et se préparer à la raréfaction des réserves de pétrole, l'utilisation de ressources biologiques pour produire du carburant est considérée comme l'une des solutions-miracles. La France compte y consacrer plusieurs centaines de millions d'euros dans les années qui viennent. Mais ce choix est-il vraiment judicieux ?

La canne à sucre et le maïs sont dorénavant distillés en éthanol. Palmiers à huile, colza et soja sont, eux, transformés en biodiesel. La deuxième génération d'agrocarburants proviendra de n'importe quel résidu agricole : mauvaises herbes, parties des plantes impropres à l'alimentation, arbres et même l'huile de cuisine usagée. Bienvenue dans l'ère de l'indépendance énergétique pour tous, dans un monde où communautés agricoles et pays pauvres pourront bénéficier de la manne de l'or vert ! Mais attention aux désillusions.

L'Union européenne a conçu en décembre 2008 une directive fixant le seuil d'incorporation des agrocarburants dans la production dédiée aux transports à 10% d'ici 2020 dont plus de 5% d'ici 2012. Face aux critiques très vives, l'UE a reformulé cette obligation en transformant « 10% de biocarburants » en « 10% d'énergies renouvelables » et a ouvert la porte aux autres filières (éolien, solaire, hydraulique...). Les pays de l'Union ont donc le choix de la répartition entre la consommation d'agrocarburants [1] et la production d'électricité renouvelable pour atteindre leurs objectifs.

Le développement durable, pour les riches seulement

De nombreux mouvements tels que la Confédération paysanne, Peuples solidaires, le Réseau action climat ou Oxfam, dénoncent les agrocarburants. Du Brésil à l'Indonésie en passant par le Sénégal, petits paysans et communautés locales sont expropriés et nombre de forêts rasées pour faire place aux millions d'hectares de plantations de palmiers à huile, de soja ou de jatropha. Le Brésil est, depuis trente ans, en pointe dans la production d'éthanol à base de canne à sucre. Il est aujourd'hui le deuxième producteur d'agrocarburants derrière les États-Unis.

Si la canne à sucre est beaucoup plus efficace énergétiquement que le maïs, le colza ou la betterave utilisés dans les pays du Nord, les mouvements sociaux et écologistes locaux critiquent les effets néfastes d'un modèle tourné vers l'agrobusiness. La monoculture intensive de canne à sucre dans les États côtiers (Nordeste notamment) contribue indirectement à la déforestation en repoussant vers l'Amazonie d'autres types de productions, comme les vastes plantations de soja destinées à l'alimentation animale en Europe. Ce modèle, qui favorise les gigantesques exploitations, a ainsi expulsé de leurs terres 5,3 millions de personnes entre 1985 et 1996, générant la disparition de 941 000 petites et moyennes exploitations agricoles.

Les conditions de travail dans les plantations de canne à sucre sont souvent déplorables, dans un pays où l'esclavage agricole est encore une réalité pour des dizaines de milliers de personnes. En trente ans, les objectifs de productivité exigés des ouvriers agricoles travaillant dans les plantations de canne à sucre ont été multipliés par trois avec la mécanisation (entre 12 et 15 tonnes de coupe par jour et par travailleur). Si l'objectif n'est pas réalisé, le travailleur est renvoyé. Ce n'est pas demain que petits paysans et ouvriers agricoles bénéficieront du « développement durable » promis par l'avènement des agrocarburants.

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