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Cette actualité a été publiée le 23/10/2010 à 13h47 par Tanka.


AGROBUSINESS AU PARAGUAY : QUELLES ALTERNATIVES POSSIBLES ?

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Agrobusiness au Paraguay : quelles alternatives possibles ?

Devenu en quelques années le 5e producteur mondial de soja, le Paraguay connait une expansion fulgurante des cultures transgéniques, illégales pour la plupart. Face à ce modèle d'agroexportation, les petits producteurs paraguayens s'organisent. Autour de la Semilla Roga, une maison de la semence ouverte depuis février 2010, ils tentent d'ouvrir la voie vers la souveraineté alimentaire.

Le maïs qui jonche la terre est inutilisable. Sur près de 44 hectares, il a été broyé par une puissante machine agricole, la rolo-cuchilla. Ceux qui l'ont détruit lui reprochent d'être un maïs RT, résistant au RoundUp ( Le Roundup est un herbicide total et non sélectif produit par la compagnie Monsanto et dont la substance active principale est le glyphosate.).

En bref, d'être transgénique. Nous sommes dans la zone de Naranjal, à 90 kilomètres au sud de Ciudad del Este au Paraguay. L'opération qualifiée d' « anti-transgénique » par la presse a été dirigée début août par l'ingénieur agronome Alberto Romero de la Senave (Service national de la qualité et de la santé des végétaux et des semences).

Selon cette agence gouvernementale, l'action n'est pas politique mais consiste en la simple mise en oeuvre de la législation. « C'est une procédure de contrôle que nous réalisons dans plusieurs zones de l'Alta Paraná pour que soient mises en conformité les cultures agricoles avec les normes en vigueur, explique Alberto Romero. Aujourd'hui, rappelle t-il, la culture du maïs transgénique n'est pas autorisée au Paraguay ». Pour le moment, seules sont autorisées des variétés de soja transgénique parmi lesquelles le soja Roundup Ready (RR) de Monsanto.

La Senave a prévu d'autres interventions dans les semaines à venir, estimant que 30 % des cultures de maïs du pays seraient transgéniques, soit près de 150 000 hectares.

Cette destruction vient augmenter les tensions entre les petits paysans paraguayens et les brasiguayos (une contraction de « Brasil » et de « Paraguayos »), ces derniers y voyant « une nouvelle persécution du gouvernement ». Installés majoritairement au Paraguay dans les départements frontaliers du Brésil, près de 300 000 brasiguayos craignent aujourd'hui l'expropriation suite à la promesse du président Fernando Lugo d'une réforme agraire « intégrale ».

Lors de sa campagne électorale en 2008, il avait promis de récupérer les terres acquises illégalement durant la dictature de Stroessner et de redistribuer des milliers d'hectares. Pour les paysans rencontrés comme Justina Ramirez de la Conamuri, une organisation de femmes paysannes et indigènes, cette réforme devient « urgente ». « Quand nous parlons de la réforme agraire intégrale, nous ne parlons pas seulement de la terre, nous parlons de territoire, de culture, explique t-elle.

D'une certaine manière, c'est le droit à la vie. Les riches ont tous les droits, ils les achètent. Pour nous, il n'y a rien ». 1 % des producteurs, souvent de riches oligarques ou des multinationales, monopolisent 77 % des terres cultivables. Emblématique, le brasiguayo Tranquilo Favero détient à lui seul 55 000 hectares dans les départements de l'Alto Paraná et d'Amambay.

Les monocultures de soja transgénique s'étalent aujourd'hui sur près de 3 millions d'hectares faisant du Paraguay - un pays légèrement plus grand que l'Allemagne – le cinquième producteur mondial. Avec près de 90 % des tonnages produits destinés à l'exportation, les semences de soja nourrissent principalement l'élevage en Europe, des porcs en Chine, des bovins au Chili et les réservoirs des voitures lorsque ce soja est transformé en agrocarburant.

Le sud-est du pays a été déboisé presque en totalité, afin de planter du soja sur les surfaces cultivables nouvellement gagnées. « Avec le développement du mais transgénique dans ma région de l‘Alto-Parana, beaucoup de communauté disparaissent, témoigne Pablina Parra de la Conamuri. L'achat des terres par les riches étrangers ajouté à la pollution poussent les gens vers les villes ». 1,2 millions de paysans, soit près d'un cinquième de la population totale, ont gagné les villes depuis 1992. Alors que Monsanto se réjouit de son monopole, 200 000 petits producteurs résistent par la pratique de l'agriculture paysanne.

Pour le Père Paulo d'Oliva rencontré lors du 4e forum social des Amériques à Asunción, « comprendre ce qui se passe actuellement au Paraguay suppose de remonter à la fin de la guerre de la triple Alliance contre l'Uruguay, l'Argentine et le Brésil ». C'est de là que partirait la structure actuelle de la propriété de la terre au Paraguay.

Pour honorer l'immense dette contractée auprès des vainqueurs, les gouvernements successifs paraguayens bradent les terres du domaine public, privatisant, entre 1870 et 1914, pas moins de 26 millions d'hectares...

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SOS-planete





Auteur : alternatives.ca

Source : www.alternatives.ca