AGRICULTURE : Révolution en sous-sol - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 30/10/2009 à 01h04 par Michel95.


AGRICULTURE : RÉVOLUTION EN SOUS-SOL

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AGRICULTURE : Révolution en sous-sol

Association pour le Maintien de l'Agriculture Paysanne à Jurançon

Information recueillie par Michel95

Pourquoi n'écoute-t-on pas les anciens ?

J'ai l'impression que nos "grandes écoles" mettent la pression à fond dans les chaudières du Titanic.

Il faut vraiment être aveugle ou demeuré pour ne rien voir venir.

Terres polluées, rendements en baisse, finances en berne ... de plus en plus d'agriculteurs français ont pris conscience de la nécessité à la fois économique et écologique de changer de méthode.

Exit le labour, on traite les sols aux médecines douces et on cultive la biodiversité.
Laurent Carpentier

Verdun.

De la cabine du tracteur, l'oeil embrasse les collines embrumées de la Meuse.

700 000 personnes sont mortes autrefois dans cette terre meuble et gorgée d'eau, sous une pluie de bombes.

Mais aujourd'hui, c'est une autre bataille qui se joue dans les sillons.

Une guerre souterraine entre l'homme et la nature.

Une hécatombe.

Vers, collemboles, mouches, coléoptères, fourmis, chenilles, acariens, scolopendres, toute cette microfaune qui brasse, creuse, aère et fertilise ces sols qui nous nourrissent est - sous les mitraillages intensifs de l'agriculture - en train de disparaître; et, derrière, ce sont les champignons, les bactéries et autres protozoaires qui sont menacés.

Pourtant c'est dans leur périlleux équilibre qu'est la clé de ce monde vivant dont on nous vante tant la nécessaire « biodiversité ».

Les experts qui sonnent le tocsin ont beau se faire traiter de Cassandre, dans le silence des humus, des calcaires et des glaises, la vie est peut -être bel et bien en train de disparaître.

Au volant de son John Deere de 185 Cv, Philippe Fourmet a le regard fixé sur le halo rouge de la lumière arrière.

Il a attelé au tracteur un engin spécial, un araire qu'il a construit lui-même.

Contrairement à la charrue qui retourne la terre, son araire l'ouvre et la fait glisser sur le côté.

Car, depuis 1988, cette terre malade, Philippe a décidé de l'écouter et d'en prendre soin, tournant le dos à l'agriculture conventionnelle.

« Il ne faut pas s'approcher pour voir, il faut se reculer, dit-il.

Regardez, en ce moment nous sommes envahis par les coccinelles.

Pourquoi? Parce que nous les avons importées pour lutter contre les pucerons ...

N'aurions-nous pas dû nous demander plutôt pourquoi nous avions des pucerons?

Dans la nature tout a un sens: une invasion de chardons raconte un problème de structure du sol en profondeur; le chiendent, une question de structure de surface; et la camomille, un problème de calcium ...

Avant, le monde paysan était inculte mais de bon sens, aujourd'hui, nous sommes tout sauf incultes, mais nous avons perdu le sens. »

Les "cinq âges du paysan":

Aujourd'hui, Philippe Fourmet n'utilise plus d'engrais chimiques et de pesticides, il a baissé ses rendements et transformé sa pratique agricole.

Un utopiste parisien venu se mettre au vert?

Oubliez les clichés: Philippe Fourmet cultive - avec un salarié - 380 hectares de blé, d'avoine et de seigle. « Né avec de la terre collée aux bottes», il est maire sans étiquette de son village, Récicourt.

Quand son grand-père - « de la classe 15» -labourait ici autrefois 30 ares par jour avec son cheval, il débite aujourd'hui dans le même temps ses 30 hectares au tracteur.

Philippe Fourmet n'est pas un passéiste ou un « Khmer » vert.

Mais il est inquiet quand il repense à ce drôle de lichen qu'il a vu apparaître récemment dans la cour de sa ferme, inquiet quand il entend certains experts dire que les sols des terroirs français sont parfois aujourd'hui plus pauvres que ceux du Sahara; en colère quand il pense que tout ça est la faute d'un système qui a enfermé l'agriculture dans une fuite en avant.

 

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