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Cette actualité a été publiée le 23/04/2010 à 11h59 par Tanka.


ADEBIOTECH MET L'EXPÉRIMENTATION ANIMALE EN DÉBAT

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Adebiotech met l'expérimentation animale en débat

A l'invitation de l'association, des représentants des pouvoirs publics et de l'industrie ont dressé un état des lieux de l'expérimentation animale en Europe et de la mise en application des méthodes alternatives.

Les méthodes alternatives à l'expérimentation animale étaient au coeur de la matinée d'information et d'échanges organisée hier par l'association Adebiotech (1) dans les locaux parisiens du pôle de compétitivité Medicen. Invité d'honneur, le Pr Jean-Louis Touraine (en photo), directeur du service de transplantation du CHU Edouard Herriot (Lyon), député socialiste et membre de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), a présenté les grandes lignes et les recommandations du rapport publié en décembre dernier par l'OPECST sur l'expérimentation animale en Europe.

Cette mission avait été confiée à l'Office dans le contexte de la révision de la directive européenne de 1986 réglementant l'utilisation des animaux à des fins d'expérimentations scientifiques.

Un enjeu éthique et économique

"Il ne semble guère que nous soyons à l'aube d'une disparition totale de l'expérimentation animale", a annoncé d'emblée Jean-Louis Touraine. "Pour autant, une évolution vers une réduction et une meilleure utilisation des animaux est inscrite dans les faits." Une évolution qui selon lui, répond autant à des raisons économiques qu'à un souci du bien-être animal, ce qu'a confirmé Michel Doubovetzky, directeur du groupe de sécurité préclinique du site de Vitry-Alfortville de Sanofi-Aventis : "Les méthodes alternatives sont largement moins coûteuses que les technique d'expérimentation sur l'animal".

Actuellement, l'Europe consomme environ 12 millions d'animaux par an (dont 77 % de rongeurs) à des fins expérimentales, dont 80 % utilisés pour la santé humaine. Différents facteurs tendant à accroître le nombre d'animaux utilisés : le règlement européen REACH sur les substances chimiques, la montée en puissance de la production d'animaux transgéniques et la lenteur de la validation de méthodes alternatives.

Parallèlement, la règle des "3R" (réduction, remplacement, raffinement) instaurée par la directive de 1986 et largement mise en oeuvre aujourd'hui, participe à une réduction globale du recours aux animaux. La création en 1991 de l'ECVAM, Centre européen de validation des méthodes alternatives, devait concourir à cet objectif. "Pour l'instant, les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances, constate le Pr Touraine : en 19 ans, seule une trentaine de méthodes alternatives a été validée."

Trop peu de méthodes alternatives validées

La lenteur de la validation des méthodes alternatives a été unanimement pointée du doigt par les différents intervenants de la matinée. Actuellement, la certification d'un test de remplacement peut prendre plusieurs années, un délai que Jean-Louis Touraine souhaiterait voir ramené à quelques semaines ou quelques mois, grâce à la création de laboratoires dédiés suffisamment bien dotés financièrement.

En France, une plate-forme de développement des méthodes alternatives en expérimentation animale, abritée par l'Afssaps, a été créée fin 2007 sous forme d'un Groupement d'intérêt scientifique réunissant les pouvoirs publics et des associations, des instituts académiques et des représentants industriels, dont le Leem. Elle est aujourd'hui dirigée par Philippe Hubert, directeur des risques chroniques de l'Ineris (Institut national de l'environnement industriel et des risques). "Il y a un développement énorme en termes d'outils et de concepts, constate ce dernier, et la France n'est pas en retard. Mais le transfert du fondamental à l'appliqué ne se fait pas très bien.

Certains domaines, comme la douleur, sont orphelins car les incitations sont faibles pour aller vers des méthodes alternatives." Philippe Hubert plaide également pour une réflexion sur une approche globale de la toxicologie, fondée sur la compréhension des mécanismes. Le couplage de l'expérimentation animale à la modélisation permettrait, notamment, d'accroître la quantité d'informations utiles découlant de ces tests.
Vers une évolution progressive de la réglementation

"Tout le monde a perçu une crainte que la révision de la directive de 1986 aille extrêmement loin sans qu'il y ait la possibilité de s'adapter, souligne Jean-Louis Touraine. D'où la nécessité pour la France d'être force de proposition." Le rapport de l'OPECST préconise une évolution progressive de la réglementation en vigueur, sous peine de voir délocalisée une part des activités de recherche sur l'animal actuellement menées en Europe dans des régions où les standards éthiques sont beaucoup moins élevés.

Source : pharmaceutiques.com


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Information recueillie par Tanka

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