Accord prévu entre N. Sarkozy et les principaux groupes pharmaceutiques... - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 24/10/2009 à 19h00 par Jacques.


ACCORD PRÉVU ENTRE N. SARKOZY ET LES PRINCIPAUX GROUPES PHARMACEUTIQUES...

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Accord prévu entre N. Sarkozy et les principaux groupes pharmaceutiques...

Information sélectionnée par Jacques

Le 26 octobre 2009, le Conseil Stratégique des Industries de Santé, réunissant les dirigeants des principaux groupes pharmaceutiques français sera reçu par le chef de l'Etat. Cette réunion est importante à plusieurs titres. Elle risque d'avoir des conséquences non négligeables sur le budget de la nation, et elle devrait permettre aux grands groupes pharmaceutiques de limiter leur effort de recherche tout en affirmant le contraire. Enfin, elle constitue une illustration claire du mode de fonctionnement de ceux qui nous dirigent.

La principale mesure utilisée par notre gouvernement pour peser sur les orientations économiques du pays, c'est la réduction systématique des impôts, sans contrepartie, ni évaluation de l'efficacité de la mesure, ni prise en compte de l'aggravation de l'endettement de l'Etat qui en résulte. Les dirigeants des grandes entreprises, obéissant à une logique de plus en plus strictement financière, se saisissent de cette opportunité pour chercher à siphonner le plus efficacement possible les fonds publics.

Ils font appel pour cela à une communication très efficace en direction du gouvernement et de l'opinion publique. Ils se constituent en lobby, avec l'intention peu dissimulée d'intervenir dans les affaires du monde ou au moins de la France (leur sigle, G5, faisant clairement référence au G7 réunissant les gouvernements des pays les plus puissants).

Cette volonté de domination se dissimule sous le masque de l'expertise autoproclamée : c'est un ensemble d'experts qui donne au gouvernement des conseils forcément éclairés sur des questions nationales (comment utiliser le Grand Emprunt, comment organiser la recherche publique en sciences biologiques).

Ce faisant, le lobby pharmaceutique français vise à jouer en France le rôle qu'a joué au niveau européen l'ERT (European Round Table of industrialists), un lobby de grands groupes industriels qui depuis des années fournit à la Commission européenne des indications de "prêt à penser et à décider", en matière d'enseignement supérieur et de recherche, indication que la Commission suit avec beaucoup d'application.

Ce mode de direction d'entreprise (logique financière, appel aux fonds publics, communication poussée) se fait au détriment du développement industriel proprement dit. C'est ainsi que Sanofi, 1er groupe pharmaceutique européen, 4e au niveau mondial, en excellente santé financière malgré la crise (ses profits ont atteint les 7.2 milliards d'Euros en 2008, et la progression au premier semestre 2009 était de 22.3%) prépare actuellement un vaste plan de restructuration, visant entre autres la suppression de plus de 1200 postes en R&D en France. Ce qui ne l'empêche pas de toucher plusieurs dizaines de millions d'euros au titre du Crédit Impôt Recherche.

Le 26 octobre, le lobby pharmaceutique réclamera à N. Sarkozy une réduction d'impôts supplémentaires en contre-partie de financement de projets de recherche en France. Ainsi, un investissement prioritaire de Sanofi dans les biotechnologies est dans les tiroirs depuis plus d'un an, et sans cesse reporté.

Il ne serait pas surprenant que ses dirigeants conditionnent son lancement au fait que le gouvernement « fasse un geste » qui compense financièrement cet investissement. Le fait que ces recommandations soient faites au moment même où Sanofi compte supprimer 20% de son potentiel scientifique interne en dit long sur le souci réel qu'a Sanofi de l'effort de recherche français.

Les licenciements qui se préparent chez Sanofi sont ainsi justifiés (en interne, pas dans les déclarations du G5) par le directeur de la Recherche : "Pourquoi voudriez-vous qu'on continue à financer 100% de notre recherche interne alors qu'à l'extérieur l'innovation existe dans les organismes de recherche publique, les biotechs, les universités qui sont financés en tout ou partie par l'Etat et/ou les collectivités territoriales".

Le financement de partenariats public-privé (notamment dans les pôles de compétitivité) permet de faire faire de la recherche aux laboratoires publics (toujours à la recherche de moyens). La recherche externalisée coûte (à court terme) moins cher que la recherche faite en interne. C'est ainsi que l'argent public permet le désengagement du privé. Cette politique est entérinée par le DG de l'INSERM, André Syrota, qui a reconnu : " Les industriels de la pharmacie vont externaliser entre 20 % et 30 % de leurs recherches vers des laboratoires académiques. » [1]

Voilà quelques clefs qui permettent de décoder le discours officiel auquel nous aurons droit le 26 octobre. Le mieux est de juger sur pièces.

Voici comment le lobby pharmaceutique se présente :

Le secteur pharmaceutique plaide pour le soutien de la recherche et de la compétitivité de son industrie

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