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Cette actualité a été publiée le 30/10/2010 à 22h30 par Tanka.


A VITTEL, NESTLÉ MET DU VERT DANS L'OR BLEU

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A Vittel, Nestlé met du vert dans l'or bleu

Pour préserver son eau minérale, la multinationale Nestlé y finance, depuis vingt ans, la conversion au zéro pesticide d'une zone de 10 km2. Au lendemain de la Conférence internationale sur la biodiversité de Nagoya, cette expérience fait figure d'exemple atypique de collaboration entre une entreprise, des collectivités locales et des agriculteurs, ayant pour objectif la protection d'un écosystème naturel.

Sur les collines vosgiennes de Vittel, la bise glacée fait onduler les prairies. On s'y roulerait presque. Et on aurait raison. Depuis vingt ans, plus un gramme de pesticide n'est pulvérisé dans les champs du bassin minéralier. Ornithologues et entomologistes ont vu s'accroître le nombre d'oiseaux et de papillons.

Ce paradis écolo n'est pas l'oeuvre d'un groupe de baba-cool mais d'une multinationale de l'agro-alimentaire.

Alors que vient de se clore la Conférence internationale sur la biodiversité de Nagoya, l'expérience attire les regards : comment une multinationale, des collectivités territoriales et une quarantaine d'agriculteurs ont-ils pu collaborer pour protéger un écosystème naturel ? Pour Nestlé, propriétaire de la marque Vittel, ces terres, débarrassées de traitements chimiques, sont le résultat de deux décennies d'efforts. Elles protègent une corne d'abondance.

Sous les bottes des agriculteurs, l'eau de pluie, emprisonnée, puis filtrée par les roches calcaires, ressort de terre sous forme d'eau minérale. Sur les 10 kilomètres carrés du bassin de captage, trois sources - Hépar, Contrex et Vittel Grande Source - alimentent le business de la branche des eaux de Nestlé. 1,3 milliard de bouteilles d'or bleu sortent chaque année de l'usine d'embouteillage.

UNE EXPÉRIENCE PILOTE

Mais le filon a bien failli s'épuiser. Au milieu des années 80, Guy de la Motte-Bouloumié, alors PDG de la société des eaux, lance l'alerte.

Les taux de nitrate dans les eaux de ruissellement commencent à donner des sueurs froides à l'industriel. La faute au maïs qui vient de faire une entrée fracassante dans les champs alentours. Les girondes laitières qui paissent à Vittel sont désormais nourries aux tourteaux, eux-mêmes produits à grandes rasades de produits phytosanitaires. Or l'eau minérale est strictement réglementée. Une goutte de chimie supplémentaire dans le cocktail souterrain, et c'est la fin de la poule aux oeufs d'or.

Un groupe pluridisciplinaire de l'INRA se charge de diagnostiquer le risque. Les chercheurs accouchent d'une ordonnance préventive sous forme de cahier des charges.

Dans ce monde d'agriculture intensive, le prix de la protection de l'écosystème est une révolution : renoncement au maïs et aux phytosanitaires, compost des déjections animales obligatoire, une vache laitière maximum par hectare. Il faut convaincre 20 000 habitants de 11 communes de changer leur mode de vie. " Sans rien faire, la ressource était mise en péril dans les trente ans. Restait à savoir comment faire accepter ces changements radicaux ", se rappelle Philippe Pierre, qui planche alors sur le cas.

"RENONCER AU MAÏS, ÇA NOUS PARAISSAIT FOU"

En 1992, cet agronome prend la tête d'Agrivair. La structure, financée par Nestlé devenu entre-temps propriétaire de la marque Vittel, a pour mission d'évangéliser la zone de protection de l'eau minérale. " Il fallait prouver qu'on pouvait cultiver sans pesticide tout en conservant le niveau de production : je me suis transformé en curé de campagne ", se remémore-t-il devant la grange du 15ème siècle qui lui sert de repère. La profession de foi est sans concession. L'agriculteur qui signe le cahier des charges s'engage pour trente ans.

En échange, il reçoit une prime de 200 euros par hectare pendant les cinq premières années ainsi qu'une aide technique, pour soutenir sa conversion. " Le maïs, c'était le bon Dieu ! Renoncer, ça nous paraissait fou : mais il fallait choisir entre partir et marcher dans la combine ", raconte Claude Villemin. Son exploitation de 420 hectares est l'un des fleurons du projet Agrivair. Une centaine de vaches, nourries à la luzerne, produisent quelque 800 000 litres de lait par an, des quantités comparables au système intensif. Elles attendent la traite dans une immense étable robotisée.

Son voisin, Dominique Sauteret, regarde les techniciens d'Agrivair retourner, à l'aide d'une imposante machine agricole, les 250 tonnes de fumier qui feront son compost du mois de décembre. Lui non plus ne regrette rien. " Cette aide technique me permet de diriger ma ferme seul et j'ai pu m'agrandir", explique-t-il. En vingt ans, son exploitation a doublé de superficie. Sans s'endetter jusqu'au cou, car une partie des terres appartiennent à Nestlé qui les lui loue pour une somme symbolique.

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Auteur : LEMONDE.FR

Source : mobile.lemonde.fr