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Cette actualité a été publiée le 03/02/2010 à 17h00 par Tanka.


«40 % DES ZONES HUMIDES ONT DISPARU EN CINQUANTE ANS»

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«40 % des zones humides ont disparu en cinquante ans»

Information recueillie par Tanka

Ornithologue et chef de service au Muséum d'histoire naturelle de Paris, Jean-Philippe Siblet a exposé, hier au Domaine de Lindre, les principaux dangers auxquels la biodiversité fait face.

Dans le cadre de la journée mondiale des zones humides, hier, Jean-Philippe Siblet, présent au Domaine de Lindre, est revenu sur la définition même de la biodiversité. «2010 marque l'aboutissement des engagements pris dans le cadre de sa protection. Ce n'est pas un secret, les objectifs n'ont pas été atteints », admet le directeur du département écologie du Muséum d'histoire naturelle. «Les Zones naturelles d'intérêt écologique faunistiques et floristiques (Znieff) constituent le socle de la connaissance de ce qu'on appelle la nature remarquable, et le Lindre en fait partie.»

Une érosion qui s'emballe

Le spécialiste est revenu sur la fragilité de la biodiversité. Destruction des habitats, introduction d'espèces, surexploitation, changement climatique sont autant de facteurs menaçants. «Sans compter la non reconnaissance de la valeur de la biodiversité », observe Jean-Philippe Siblet. «Aujourd'hui, on commence à lui donner un prix, il y a une dimension éthique, sensible, ce qui contribue à sa prise en compte, ce n'était pas le cas avant.» Et d'ajouter : «Il y a surtout une érosion qui s'emballe, le monde a connu cinq crises de disparitions naturelles, la plus célèbre étant l'extinction des dinosaures. Celle des espèces que nous connaissons actuellement, la 6e, est entièrement due à l'homme. Elle est aussi 1 000 fois plus rapide que dans une situation naturelle....

On estime à plusieurs centaines de milliers d'années le délai nécessaire à l'apparition d'une nouvelle espèce. » Jean-Philippe Siblet l'a confié sans se montrer alarmiste pour autant, en établissant un constat clair. «Ce sont les prairies humides qui ont le, plus régressé en France, en 1999, elles disparaissaient à un rythme de 10 000 hectares par an. Soit 40 % en cinquante ans. » Lacs d'altitude, tourbières, marais et lagunes côtiers, étangs, bras morts ou îlots sont autant d'éléments qui s'effacent du paysage. «La cause principale est le manque de cohérence des politiques publiques », dit-il.

Prendre soin des zones humides s'inscrit désormais dans le cadre d'une priorité nationale, les protéger constituant une manière d'agir face aux changements climatiques. Quant au Lindre, il est des rares sites français (avec la Camargue) à être reconnu dans le cadres de Ramsar, seul traité de coopération international signé en 1971 en Iran et lié à un écosystème particulier.

Par Philippe CREUX - Source : republicain-lorrain.fr

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