2/2 : Déglobalisation : le terme est laid, OK. Mais ça veut dire quoi ? - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 23/11/2010 à 00h14 par Mich.


2/2 : DÉGLOBALISATION : LE TERME EST LAID, OK. MAIS ÇA VEUT DIRE QUOI ?

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2/2 : Déglobalisation : le terme est laid, OK. Mais ça veut dire quoi ?

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Deux philosophies politiques distinctes

Il s'agit pour eux de déconstruire le pouvoir des grandes firmes et de la finance internationale, en construisant par le bas des solidarités locales, dans une logique conjuguant donc la production et la référence à des besoins populaires qui ne seraient plus façonnés par la culture de la consommation moderne.

Ajoutons à ces dimensions économiques, culturelles et sociales le souci de respecter l'environnement, ce qui peut aussi passer par une réhabilitation des campagnes, de l'agriculture paysanne et des collectivités agraires.

Les tenants de la déglobalisation, à commencer par le militant-sociologue philippin Walden Bello, un des ténors parmi les intellectuels altermondialistes, auteur de « Deglobalization : ideas for a new world economy » (Zed Books, London, New York, 2002) ne demandent pas le protectionnisme absolu, la fin complète de l'ouverture économique et financière entre les pays. Ils en appellent à des stratégies économiques nouvelles ou renouvelées, ils donnent priorité à la production locale, tournée vers le marché local, et non à la production pour les exportations.

Deux philosophies politiques distinctes

Il s'agit pour eux de déconstruire le pouvoir des grandes firmes et de la finance internationale, en construisant par le bas des solidarités locales, dans une logique conjuguant donc la production et la référence à des besoins populaires qui ne seraient plus façonnés par la culture de la consommation moderne.

Ajoutons à ces dimensions économiques, culturelles et sociales le souci de respecter l'environnement, ce qui peut aussi passer par une réhabilitation des campagnes, de l'agriculture paysanne et des collectivités agraires.

Les tenants de la déglobalisation altermondialiste développent une utopie qui n'implique pas nécessairement le repli sur soi ou sur la nation. Ils ne croient pas à la possibilité d'une régulation mondiale de l'économie par le haut, par des accords ou des règlements négociés entre les grandes puissances économiques, ils sont sceptiques quand on leur parle d'une gouvernance économique mondiale.

Mais ils ne sont pas nationalistes, protectionnistes par idéologie ; ils défendent un modèle social, écologique et économique qui n'a rien à voir avec les pulsions xénophobes et anxieuses des droites radicales -à l'oeuvre peut-être aussi chez certains intellectuels qui se veulent de gauche.

Au-delà, par conséquent, d'un constat contesté, l'idée de déglobalisation renvoie donc bien à deux types de philosophie politique, et non à une seule, même si cette ambivalence autorise certaines ambiguïtés.

N.O.M. : le Nouvel Ordre Mondial

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Auteur : Michel Wieviorka | Sociologue, EHESS | Rue 89

Source : www.rue89.com