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LE MONDE | 14.01.09
Au Vietnam, en dépit du spectaculaire ralentissement de la
croissance démographique obtenu ces dernières décennies, la limitation des
naissances demeure une priorité. Le 27 décembre 2008, le Comité permanent de
l'Assemblée nationale vietnamienne a modifié l'ordonnance sur la population
de 2003, de façon à rappeler plus clairement la population à la règle de
deux enfants maximum par famille.
Des exceptions sont tolérées pour les couples issus de minorités ethniques
dont la population est inférieure à 10 000 individus, pour ceux dont les
enfants souffrent d'infirmité congénitale ou accidentelle ou pour les
couples issus de remariages souhaitant avoir des enfants de leur second lit.
Aucun délai minimal n'est fixé entre les naissances et aucune sanction n'est
prévue pour les couples qui ne se plieraient pas à la règle, contrairement à
ce qui se faisait dans les années 1980 et 1990.
Avec 86 millions d'habitants en 2008, le Vietnam est le treizième pays le
plus peuplé du monde. Le département des Nations unies pour la population
estime que sa population atteindra 104 millions en 2025. Avec un indice de
fécondité (divisé par trois en trente ans) de 2,1 enfants par femme, le
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démographique y est pourtant désormais assez comparable à celui des pays
occidentaux ayant achevé depuis longtemps leur transition démographique. Mais le
recul de la mortalité soutient l'augmentation de la population.
Alors que les premiers effets de la crise économique mondiale se font sentir, le
gouvernement, qui a toujours considéré la croissance démographique comme un
frein pour le développement du pays, surveille de près les moindres signes d'un
redémarrage de la natalité. " 93 000 nouveau-nés qui étaient des troisième ou
des quatrième enfants ont été recensés au cours des neuf premiers mois de 2008,
soit une augmentation de 10 %, expliquait Duong Quôc Trong, directeur général
adjoint du département général de la démographie et du planning familial dans un
récent entretien au quotidien Le Courrier du Vietnam. La population augmente
rapidement. Il est inutile d'expliquer les effets néfastes qu'aura cette
surpopulation sur l'utilisation des ressources naturelles et la qualité de la
vie. Les familles nombreuses doivent être conscientes de leur responsabilité
envers la société et l'avenir du pays."
SURNATALITÉ MASCULINE
"Hormis dans les zones pauvres et isolées où vivent les minorités, les
politiques démographiques ont atteint leurs objectifs. Le modèle n'est plus la
famille nombreuse. Les couples veulent moins d'enfants", tempère Catherine
Scornet, démographe et maître de conférences à l'université de Provence, tout en
s'étonnant du durcissement du discours antinataliste.
Par ailleurs, le Vietnam semble, à son tour, touché par le phénomène de
surnatalité masculine que connaissent l'Inde et la Chine. Le ratio quasi normal
de 107 garçons pour 100 filles en 1999 est passé à 115 pour 100 aujourd'hui.
L'accès aux échographies est responsable de cette évolution : certaines femmes
vont jusqu'à en faire une vingtaine pour être sûres que leur enfant sera un
garçon, avant, le cas échéant, d'avorter. Le gouvernement n'a jusqu'à présent
pris aucune mesure afin d'enrayer ce phénomène.
Laurence Caramel
Article paru dans l'édition du Monde du 15.01.09.
http://www.lemonde.fr/
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