Fondation uwishin Homme-médecine Don Hilario Chiriap (tradition
Shuars) :
"Un jour, j'espère que je pourrai (...) servir les humains d'Amazonie, mais
aussi tous ceux qui ont envie de marcher sur cette voie. Parce que, aujourd'hui, je crois
qu'au fond nous sommes tous identiques, doués des mêmes capacités. À
ce moment-là, je serai reconnu comme un Uwishin. Ce mot ne désigne pas à
proprement parler un individu mais plutôt un état de conscience supérieur, un espace,
une dimension, que connaissent les hommes-de-connaissance, ou hommes-de-sagesse."
"Je voudrais vous parler d'une terre de deux mille hectares, qui fut celle
des ancêtres tant des Shuars que des Ashuars. On y trouve des grottes, des cascades, des
lacs, la nature telle qu'elle était avant. Rien n'a été touché. Ils ont pris soin de
ce territoire et l'ont défendu pendant des années. Moi-même, j'ai eu la chance d'aller
les aider, quand de
grandes entreprises forestières, mais aussi pétrolières et agricoles, ont voulu
s'installer ici. Notre peuple s'était vite rangé du côté des envahisseurs, rien que
pour l'argent. Alors des Anciens m'ont averti de la situation. Nous avons dû nous battre.
Avec des armes. Trois des nôtres sont morts,
natifs des deux communautés. Mais, jusqu'à présent, nous avons pu préserver ce
site. 
Les
Anciens dont je vous parle sont très âgés ; ils ont donc décidé de me laisser la
responsabilité de cette terre. En retournant en Equateur, je dois m'occuper de tout cela.
Considérant qu'il faut absolument conserver intact ce territoire dédié non
seulement à la mémoire de nos ancêtres, mais à celle des cérémonies et des
connaissances telles qu'elles étaient jadis. Ils croient que je pourrai garder
ce terrain tel qu'il est, et je leur ai fait le serment de tout mettre en oeuvre pour y
parvenir. 
Plus au sud, coulent aussi des cascades où les anciens guerriers ont
été formés. Maintenant, nous en avons interdit l'accès parce que d'autres communautés
venaient y chasser de grands animaux sacrés, tels que les sangliers, les panthères, les
ours, etc. Or, il s'agit d'une chasse purement commerciale - l'un des gros acheteurs est
l'armée. Nous, avec nos familles, nous avons refusé : on peut très bien
survivre en chassant juste ce qui est nécessaire et sans tout
détruire. Eux me répondent que ce type de chasse est indispensable à leur
survie. Leurs besoins vont grandissant! Cela me préoccupe beaucoup. Je ne sais
pas combien de temps nous réussirons à tenir." Le Cercle des Anciens (Ed. Albin Michel) Bientôt tous les détails sur
ce projet, symbole de l'activité du Cercle des Anciens.
Parole
d'Homme-Nature
Chamanisme Dossiers brûlants
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