
Reconstituer le soleil : la
fusion nucléaire
Hanoverschen Allgemeinen Zeitung du 06.10.07 - Ce sont des
dimensions gigantesques: un seul gramme du nouveau combustible est
théoriquement en mesure de fournir 50 000 KWh d'énergie - autant
que 6 tonnes de charbon. Cette matière qui a une teneur énergétique
très élevée, s'appelle deutérium et on la trouve pratiquement
partout. Dans l'eau, le deutérium est une forme d'hydrogène qui est
en fait un peu plus lourde que le gaz normal. Si on pouvait
prélever de l'eau ou de la terre le deutérium à grande échelle
comme source énergétique, on pourrait produire autant d'énergie
avec par exemple un km3 d'eau de mer qu'avec toutes les réserves de
pétrole connues au monde.
Mais pour cela, il faudrait faire fusionner deux noyaux d'hydrogène
en un noyau d'hélium, ce qui nécessite dans un premier temps une
grande quantité d'énergie: 100 millions de degrés Celsius. Le
problème n'est pas de produire cette température, mais de la
maintenir. Car tout est décomposé sous de telles températures, même
l'atome lui-même. On appelle fusion nucléaire ce processus qui se
produit en permanence dans le soleil, où les noyaux d'hydrogène
sont fusionnés en noyaux d'hélium. L'énergie catapultée alors dans
l'espace est ce que nous ressentons sur terre comme chaleur ou
canicule. Un réacteur de fusion serait en quelque sorte une
reproduction du soleil.
Le risque de la fusion nucléaire est minime, contrairement au
risque que représente la fission nucléaire dans les centrales. Au
cas où le plasma sortirait des champs magnétiques pendant la fusion
et atteindrait les parois du réacteur, cette paroi se mettrait à
fondre, mais une faible partie seulement car le processus serait
alors immédiatement interrompu, comme si on fermait le gaz au
dessous d'un fourneau. Lors de la fusion nucléaire, il n'y a pas de
réaction en chaîne incontrôlable, comme pour la fission
nucléaire.
Certes, la fusion produirait également quelques déchets
radioactifs qui devraient être stockés pendant quelques centaines
d'années, ce qui est beaucoup moins longtemps que les produits de
fission à haute activité qui sont créés dans les centrales
nucléaires traditionnelles, dont la demi-.période s'élève à
plusieurs milliers d'années.
Pour savoir si et comment la fusion nucléaire peut fonctionner, un
réacteur expérimental doit être construit à Cadarache en France,
l'ITER, et pour que les coûts estimés à 10 GEUR soient
supportables, l'Union Européenne, les Etats Unis, le Japon, l'Inde,
la Russie, la Corée du Sud et la Chine se sont regroupés pour le
construire.
Personne ne peut dire aujourd'hui combien coûtera l'électricité
produite par la fusion nucléaire. On ne sait pas non plus si elle
peut fonctionner. Les critiques parlent d'une constante de 50 ans:
les scientifiques répondent toujours la même chose, quand on leur
demande combien de temps il faut encore attendre que de l'énergie
puisse être produite par la fusion nucléaire: "encore 50 ans".
C'est la même réponse aujourd'hui qu'il y a dix ans.
Résumé d'un article du Hannoversche Allgemeine
Zeitung.

Zones
irradiées
Daniel Green
19/10/2008
Un Jean Charest tout fier vient d'annoncer la protection de la
grande rivière George, l'une des dernières sans barrage au Québec.
Problème : les claims miniers d'uranium ont préséance sur la
protection.
La zone de protection annoncée sur la rivière George équivaut à
dix-neuf fois l'île de Montréal. Notre premier ministre se déclare
"heureux que nous protégions notamment un de nos joyaux [...] qui a
valeur de symbole pour les populations qui y vivent". Mais de
quelle protection parle-t-on dans la vraie vie?
D'après le plan d'action sur les aires protégées, le gouvernement
doit "prendre en compte les préoccupations des divers acteurs
concernés par l'expansion du réseau d'aires protégées." En clair,
ça signifie que si une compagnie minière veut sortir de l'uranium
autour de la George, même protégée, elle a parfaitement le
droit.
J'ai comparé les cartes des claims et du territoire supposé
protégé de la George. Il est truffé de claims miniers pour
l'uranium. Résultat ? Protégée ou pas, la rivière risque d'être un
jour radioactive.
PRISONNIERE DES MINIERES
Aux états-Unis, McCain dit vouloir implanter 45 centrales
nucléaires. Les lobbies du nucléaire sont très puissants. Les
ventes d'uranium pourraient exploser.
Alors, la pauvre George, gorgée d'uranium, est prisonnière des
minières. Quest Uranium Corporation, par exemple, possède des
claims pour l'uranium. Et si la compagnie, gentille, décidait de ne
pas exploiter sa mine, les contribuables, gentils aussi, devraient
la compenser par millions de dollars. Merci M. Charest !
à propos, si vous voulez un claim minier, un simple clic de souris
en ligne et un ridicule 41 dollars suffisent. Les minières ne se
gênent pas. ça "claime" ces jours-ci au Québec, je vous le
dis!
Donc la George repose sur de l'uranium, toxique et radioactif. Et
une fois l'uranium extrait du minerai, les résidus radioactifs
restent à gérer pour des milliers d'années.
à Elliot Lake en Ontario, les mines d'uranium ont laissé 170
millions de tonnes -57 000 piscines olympiques -de déchets
radioactifs, contaminant le bassin de la rivière Serpent. Les
poissons sont morts.
Les déchets de l'uranium produisent des éléments radioactifs : le
thorium, le radium et le radon gazeux, qui causent des masses
cancéreuses dans les poumons. Et la radioactivité dure très
longtemps -760 000 ans pour le thorium. Vous voyez ?
Les 385 000 caribous de la rivière George seraient irradiés. Bonne
nouvelle pour le Père Noël, ces rennes-caribous brilleront la nuit.
Les Innus et les Inuits aussi.
L'organisation Mines Alertes demande un moratoire sur toute
nouvelle mine d'uranium au Canada tant que la contamination des
déchets des mines d'uranium existantes ne sera pas résolue. Il faut
ce moratoire au Québec. Le radon tue.
Rappelons que, selon l'Institut Fraser, le Québec offre le
meilleur "environnement d'investissement" pour les mines dans le
monde !
On a cru à une bonne nouvelle de Jean Charest : la George serait
protégée d'un barrage. En réalité, il nous a eus, en pire. Il l'a
donnée aux minières radioactives, plus importantes, au Québec, que
nos rivières, nos caribous, les Inuits et les Innus.
* * *
Coprésident de la Société pour vaincre la pollution et conseiller
scientifique du Sierra Club du Canada.
green_commentaire@journalmtl.com
Source :
http://www.canoe.com
Le bimestriel
américain Mother Jones cite une étude publiée début
2008 qui indique que les réserves d'uranium exploitables dans le monde
déclinent rapidement et que, évidemment, “si la filière
est amenée à se développer, ce déclin n'en sera qu'accéléré”.
En fait, relève le bimestriel américain, “l'accès à un minerai d'uranium
d'une qualité suffisante pour alimenter des réacteurs nucléaires est de
plus en plus difficile : il faut creuser toujours plus profond,
l'extraction est toujours plus complexe, la qualité toujours moins
bonne”. Avec un effet collatéral : plus l'accès à l'uranium est
difficile, plus il faut employer d'engins émettant des gaz à effet de
serre. “La filière nucléaire, prise de bout en bout”, remarque
ironiquement un ingénieur australien, “va finir par dégager autant de
ces gaz qu'une centrale à gaz classique.”
Publié par Courrier International n° 956, 4 mars
2009
L'article en entier :
http://www.france.attac.org |
|
L'uranium est un élément
chimique de symbole
U et de numéro atomique
92.
C'est la treizième ressource non renouvelable
amenée à disparaitre du fait de l'exploitation humaine
intensive.
Les réserves énergétiques mondiales
d'uranium sont estimées à 3,93 millions de tonnes . Ce chiffre
correspond au minerai exploitable à un coût
admissible.
Juin 2008 : il reste 32 années de
réserve, au rythme actuel de production qui est de 64 000 tonnes
par an.
L'épuisement de
ce métal lourd radioactif sera donc définitif en
2040. (Source
AIEA)
Cette date est contestée par d'autres
études. Ainsi se situe-t-elle dans une fourchette qui va en fait de
2025 à 2060.
Par exemple, les chiffres qui suivent
proviennent de "Uranium Resources and Nuclear Energy" du Energy
Watch Group (2006-12) :
* Une pénurie d'uranium se produira dès 2015.
* La production atteindra son maximum en 2025.
Voir la source :
http://www.futura-sciences.com
D'autres estiment au contraire les réserves
mondiales d'uranium à plus de 5,5 millions de tonnes, ce qui
pourrait alimenter les 435 réacteurs actuels pendant un siècle.
Selon le ministère fédéral allemand de
l'environnement, les réserves connues d'uranium suffiraient même
pour 200 ans, si la consommation actuelle de 64 000 tonnes
d'uranium par an est maintenue.
Même si ces derniers chiffres se vérifiaient,
ce serait sans compter sur les nouvelles centrales nucléaires qui
sont en train de proliférer partout dans le monde. 36 nouveaux
réacteurs sont déjà en construction en 2008, sans compter 311
projets de centrales qui devraient doubler le parc nucléaire
mondial.
On se sert de l'uranium uniquement dans les
centrales nucléaires pour fabriquer de l'électricité et du
plutonium.
Une trentaine de pays dans le monde maitrise
cette haute technologie. Mais combien d'autres rêvent de s'en payer
les moyens? La vente de centrales nucléaires est en effet devenue
le business de certains chefs d'états inconscients.
Les problèmes engendrés
par la disparition de l'uranium interviendront bien avant la date
fatidique, quelle qu'elle soit. Voir à ce sujet le pic de Hubbert
: http://fr.wikipedia.org/
Bien sûr, l'uranium sera encore présent dans le
sous-sol granitique et sédimentaire, et même dans l'eau de mer et
des rivières, mais sous forme extrêmement diluée.
Des japonais ont démontré récemment qu'il était
possible d'extraire de l'uranium de l'eau de mer (3 mg/tonne) à
l'aide d'un absorbant convenablement texturé. Mais le procédé coûte
énormément plus en énergie qu'il n'en fournit. Autant demander à un
papillon de tracter un Boeing 747.
http://www.nanoquebec.ca/
Même si, grâce à des technologies avancées,
nous découvrions de nouveaux gisements au cours d'explorations plus
poussées de la croûte terrestre, cela ne ferait que repousser
l'échéance de quelques années et ne modifierait pas grand chose à
la donne.
L'uranium provient de l'explosion de l'étoile
dont les débris ont donné naissance au Soleil et à la Terre, il y a
plus de cinq milliards d'années.
On ne peut pas synthétiser l'uranium et il
n'existe aucun substitut.
Cependant le Thorium
pourrait prendre la relève, mais pas pour bien longtemps. Il ne
s'agirait que d'un sursis de quelques dizaines d'années qui ne
concernerait qu'une toute petite partie de la population
mondiale.
Le Thorium est fertile
mais pas fissible. On est donc dans un
fonctionnement comparable à Superphénix ou autressurgénérateurs.
Une filière qui est péniblement expérimentée depuis 50 ans par
divers pays (USA, Russie, Japon, France) et qui n'a jamais pu
être développée (problèmes techniques et industriels
insolubles). L'Inde travaille aussi, depuis longtemps, sur des
réacteurs au thorium dont elle possède de grandes réserves.
Mais elle souhaite aujourd'hui acheter des réacteurs tout à
fait ordinaires (EPR, AP1000). Un aveu évident de l'échec de
la filière thorium.
Stéphane Lhomme
orte-parole du Réseau "Sortir du nucléaire"
|
La Lune et les astéroïdes ne contiennent pas
d'uranium sous une forme exploitable. Et vous vous rendez compte de
la dépense d'énergie qu'il faudrait pour en ramener de Mars ou de
Vénus!
Les crayons d'uranium frais irradiés dans les
centrales nucléaires, quand ils sont retraités à la Hague, par
exemple, sont de nouveau séparés par procédure chimique en uranium
et plutonium, matières retravaillées dans les MOX ou combustibles à
oxydes mixtes, qui peuvent être recyclés dans les centrales
nucléaires pour reproduire de l'électricité.
Le prix de l'uranium a été multiplié par dix en
quatre ans.
Les environnementalistes ne sont pas très
favorables au nucléaire. Malgré le fait qu'il s'agisse d'une
manière de produire de l'électricité sans gaz à effet de serre.
Le gros problème en effet avec l'uranium c'est
l'extraction du minerai, la gestion des déchets nucléaires,
radioactifs pendant des milliers d'années, les accidents de
réacteurs ou de circuits et la multiplication des ogives
nucléaires, malgré les traités de non prolifération. Il y a
actuellement 26 720 de ces armes meurtrières dans le monde, de quoi
raser toute vie sur Terre en l'espace de quelques minutes.
Pendant l'étape de broyage de l'uranium,
presque tout l'uranium est extrait de la roche écrasée, mais les
produits de désintégration sont laissés dans les résidus. Ces
résidus conservent 85% de la radioactivité du minerai d'origine.
Les tas de résidus miniers contiennent également des matières
chimiques toxiques: acides, arsenic, nitrates et métaux lourds. Or,
le problème de l'élimination de ces déchets radioactifs est très
complexe, et n'a jamais été réellement abordé. D'immenses tas de
résidus ont été abandonnés lors de fermetures de mines. En France,
on évalue le stock de résidus à environ 50 millions de tonnes.
La fission civile de l'uranium crée un résidu
hautement radioactif, le plutonium, synthétisé
en 1940, qui n'existe pas à l'état naturel, et qu'on utilise
actuellement pour fabriquer des armes de plus en plus
dévastatrices.
Le retraitement chimique des combustibles usés
permet de séparer le plutonium. Lorsqu'il est emprisonné dans les
crayons irradiés après la fission, il n'est pas utilisable pour la
fabrication de bombes atomiques.
Le parc français de réacteurs nucléaires civils
produit environ 10 tonnes de plutonium par an, et le parc mondial
environ 200 tonnes le stock mondial actuel de plutonium
"civil " dépasse les 1000 tonnes (sous forme séparée ou au
sein des déchets non traités). Si nous multiplions ces chiffres
mondiaux par 4 ou 5 (scénario SUNBURN), outre le legs mortel pour
les générations futures, il deviendra impossible de gérer la sûreté
de ces stocks.
Notons quand même que le plutonium pourrait
alimenter une nouvelle génération de centrales nucléaires et ainsi
repousser l'échéance de quelques années.
Mais, on le voit, l'industrie atomique, même
maitrisée, n'est pas une solution durable. Elle restera de toutes
façons extrêmement marginale à l'échelle mondiale.
En savoir plus sur l'uranium : http://fr.wikipedia.org/wiki/Uranium
http://travail-chomage.site.voila.fr/

|
Dernier avatar: la centrale
nucléaire portable
Certaines
informations fleurent bon le canular. Et pourtant... La société
américaine Hyperion Power Generation s'apprête à développer des
centrales nucléaires de petite taille. Portatives même puisqu'elles
seront aisément transportables en train, par les voies navigables
et même les routes. D'une hauteur moyenne de 1,5 mètre et d'une
capacité de 25 MW électriques à 70 MW selon les modèles, elles
seront destinées à alimenter l'équivalent d'environ 20000 maisons
américaines.
|
Déchets nucléaires : il ne faut pas les
enfouir!
Signez la pétition :
http://www.dechets-nucleaires-ne-pas-enfouir.org/
|
La face cachée du
nucléaire
16 octobre 2008
:
La capacité de production de
l'électricité d'origine nucléaire pourrait presque quadrupler d'ici
2050 sous réserve de l'adhésion des responsables politiques et de
la société, indique l'Organisation de coopération et de
développement économiques (OCDE).
"En 2050, la capacité nucléaire
mondiale pourrait croître d'un facteur compris entre 1,5 et 3,8", a
estimé l'Agence pour l'énergie nucléaire (AEN) de l'OCDE dans sa
première édition des "Perspectives de l'énergie nucléaire".
Si la capacité mondiale était
multipliée par 3,8, la part du nucléaire dans la production
d'électricité atteindrait 22% en 2050 contre 16% actuellement et
1.400 réacteurs d'une puissance du même ordre que celle des
installations actuelles pourraient être exploités en 2050, a ajouté
l'AEN.
En juin 2008, 439 réacteurs
étaient en fonctionnement dans 30 pays pour une puissance installée
totale de 372.000 mégawatts.
En tenant compte des programmes
nationaux de développement du nucléaire et des déclarations
d'intention, les pays qui auront le plus de puissance installée en
2020 seront les Etats-Unis, la France, le Japon, la Russie, la
Chine et la Corée. La Chine et les Etats-Unis sont les deux pays
qui prévoient d'augmenter le plus leurs capacités.
La France, le Japon et les
Etats-Unis totalisent à eux trois 57% de la puissance nucléaire
installée dans le monde.
Les pays qui ne possèdent
actuellement aucun réacteur nucléaire et qui projettent d'en
construire ne contribueront qu'à hauteur de 5% à l'accroissement de
la capacité totale en 2020, a encore précisé l'agence.
ADHESION
NECESSAIRE DES POLITIQUES ET DE LA SOCIETE
L'adhésion des pouvoirs politiques
et de la société sera néanmoins vitale pour pouvoir développer la
filière nucléaire, a également expliqué l'AEN.
"Il importera de plus en plus que
s'instaure une relation régulière entre les décideurs, l'industrie
nucléaire et la société, qui soit propice au développement des
connaissances et à la participation du public."
Les gouvernements auront comme
responsabilité la réglementation en matière de sûreté nucléaire,
l'amélioration des efforts pour mettre au point des solutions de
stockage des déchets radioactifs et le renforcement du régime
international sur la non-prolifération, a encore précisé l'AEN.
"Jusque-là, le retard et l'échec
de certains programmes de stockage des déchets fortement
radioactifs continuent d'avoir un impact significatif sur l'image
de l'énergie nucléaire", a dit l'agence, ajoutant que les
gouvernements et l'industrie nucléaire devaient travailler
ensemble.
Les ressources en uranium sont
suffisantes pour permettre la croissance du nucléaire, sans avoir
besoin de le retraiter, au moins jusqu'en 2050, a estimé
l'agence.
Les ressources géologiques
prévisionnelles sont également suffisantes pour assurer
l'approvisionnement en uranium pendant encore plusieurs centaines
d'années, a-t-elle ajouté.
Version française Mathilde Cru,
édité par Benjamin Mallet
http://www.lepoint.fr/

Le nucléaire est
dépendant de... l'uranium
20/10/2008
Le nucléaire pourrait bien suivre les même turbulences que le
pétrole.
Le nucléaire est souvent cité comme étant une
source d'énergie qui est sure et qui peut nous permettre de
surmonter la crise du pétrole (Investissements futurs en inde,
Chine, Italie...). Il n'est pas inutile de rappeler tout de même
ceci:
- le nucléaire est une énergie non renouvelable: il faut de
l'uranium qui est un extrait d'un minerai comme le cuivre ou le
tungstène. Les réserves avoisinent les 70 ans à l'heure de la
consommation actuelle. Si on intégre dans le raisonnement les
consommations futures prévisibles des centrales asiatiques et
indiennes ce chiffre pourrait tomber à 40 ans. Ce qui place
l'uranium dans le même état que le pétrole!
- l'uranium se trouve dans des pays à géopolitique instable ainsi
son prix a été x10 depuis 2003! Et il ne va pas s'arrêter en
chemin.
Pensez vous réellement que ce soit l'énergie de l'avenir même si
des améliorations techniques se font jour? Et l'hydrogène ce
vecteur d'énergie que l'on nous propose comme une voie intéressante
viendrait d'où si ce n'est d'énergie nucléaire? (1) Ce surplus
d'énergie ne pourra être absorbé que par des centrales. Toutes
énergies non renouvelables confondues (nucléaire, gaz, pétrole,
charbon) au rythme de la conso actuelle il n'y aura plus aucune
réserve en 2100 (source JM Jancovici).
Nous voyons bien que le débat est ailleurs. Il s'agit de réduire
notre gabegie énergétique. Trouvera t'on normal dans 10 ou 15 ans
qu'une personne de 70 kg roule dans une voiture d'une tonne? Que
son adsl consomme plus d'électricité en veille qu'en
fonctionnement? Que sa TV engloutisse d'avantage de kwh que son
ancien TV cathodique?
Le débat n'est pas pour ou contre l'éolienne.
Ou pour ou contre le nucléaire. L'avenir lui même nous contraint à
de la sobriété et de la modération. Le seul débat est: quels moyens
nous donnons nous pour réduire notre gabegie , réformer nos
politiques de ville, industrielles et notre mode de
consommation?
(1) Il faut en effet la puissance d'une
centrale nucléaire pour amorcer la fusion nucléaire de
l'hydrogène.
Source :
http://www.enerzine.com

A lire absolument : Réflexion faite : la fin programmée de
la civilisation du gaspillage de Michel
Walter
| Merci de diffuser
largement le lien http://terresacree.org/ressources.htm auprès des personnes figurant dans votre
carnet d'adresses, ainsi qu'aux élus et journalistes de votre
connaissance. Le changement viendra de l'évolution des mentalités,
c'est pourquoi il faut que ce genre d'info circule le plus
largement possible, afin que les gens prennent conscience et
fassent pression. Cela ne "coûte rien" si ce n'est quelques minutes
de temps et le résultat peut être conséquent. |
Menace climatique, crise énergétique et
illusions de la relance du nucléaire : http://france.attac.org/
Les émissions cachées du
nucléaire
L'énergie nucléaire n'est pas neutre pour le climat. Une
étude estime que la filière émet en
moyenne 66 grammes de C02/kWh. L'énergie nucléaire
est une source de production d'électricité qui n'émet pas de CO2. "
Ce leitmotiv de l'industrie nucléaire et de ses défenseurs tente de
conforter l'image, ces dernières années, d'une filière de
production d'électricité propre et neutre au plan des émissions de
CO2. Et donc favorable à la lutte contre le réchauffement
climatique... De l'autre côté du fleuve, ses opposants ne cessent
de clamer que le nucléaire produit beaucoup de CO2 si l'on tient
compte de l'ensemble du cycle de vie de l'atome, de l'extraction de
l'uranium au démantèlement des centrales. Ainsi, le groupe de
recherche d'Oxford n'hésite pas à projeter que si elle se maintient
dans une proportion similaire, la filière nucléaire émettra en 2050
autant de gaz à effet de serre que les centrales au gaz les plus
performantes en raison de la difficulté croissante d'extraire de
l'uranium...Face à ces arguments polarisés, Benjamin Sovacool,
chercheur à l'université de Singapour, s'est penché sur les 103
études publiées sur la question à ce jour (1). Ne retenant que les
publications versées dans le domaine public et récentes, Benjamin
Sovacool a dû éliminer pas moins de 81 % des recherches en raison
de leur faiblesse méthodologique et de l'absence de critères
reproductibles pour l'industrie.
Lire l'article en entier

La face cachée dunucléaire
Il est de bon ton aujourd'hui de prétendre que l'énergie
nucléaire est une énergie propre. Mais c'est oublier un peu vite
beaucoup d'éléments dont l'enrichissement de
l'uranium.
Prenons l'exemple du Niger. A Arlit, une ville de 840'000 habitants
à 1200 km de Niamey au milieu du désert, il y a deux mines
d'uranium : l'une à ciel ouvert exploitée par la SOMAÏR et l'autre,
souterraine, exploitée par la COMINAK. Ces mines sont en fonction
depuis plus de 40 ans. La SOMAÏR et la COMINAK sont deux filières
de la firme française AREVA. Rappelons que les centrales suisses
s'approvisionnent, entre autre, chez AREVA.
Les mineurs qui travaillent dans ces mines n'ont aucune idée de ce
qu'est l'uranium et encore moins de sa dangerosité. C'est seulement
après l'accident de Tchernobyl que les dirigeants de la mine ont
demandé aux mineurs de se laver les mains avant de manger et
prendre certaines dispositions minimales de sécurité. Comme ils ne
leur ont pas expliqué pourquoi, ces derniers étaient vexés qu'on
leur demande cela et ne le faisaient pas. Jusqu'en 2006, les
mineurs rentraient à leur domicile avec leur vêtement de travail
couvert de poussières radioactives et c'est leur femme qui le
lavait. Heureusement, ces dernières ayant compris le danger, se
sont rebellées et ces habits sont maintenant lavés à l'usine. C'est
aussi depuis l'année dernière seulement qu'ils ont pris des
précautions pour transporter les concentrés uranifères. Auparavant,
ils étaient déposés simplement à l'air libre sur le pont des
camions pour être transportés jusqu'à la capitale. Il arrivait
fréquemment que le chauffeur, voulant rendre service à ses amis,
accompagnés souvent de sacs de nourriture, les embarque sur son
camion.
Les dirigeants de la mine avaient aussi pour habitude d'offrir les
vieilles ferrailles de la mine à leurs ouvriers. Ces derniers les
revendaient aux ferrailleurs de la ville d'Arlit. Puis la
transformation de ces vieilles ferrailles pouvait commencer,
notamment en casseroles, cadres de fenêtres, plafonds des maisons,
etc. Un rapport de la Commission de recherche et d'information
indépendantes sur la radioactivité a récemment montré que ces
objets et ustensiles étaient contaminés et avaient été vendus dans
tout le pays. Cela implique des conséquences sanitaires grave pour
toutes les populations locales.
Par ailleurs, pour le traitement du minerai d'uranium dans
les usines de la SOMAIR et de la COMINAK, il faut beaucoup d'eau.
Comme les mines se trouvent en plein désert, ils ont puisé toute
l'eau des nappes phréatiques et ils s'attaquent maintenant aux
nappes fossiles, à plus de 300 m de profondeur (il faut 500 ans
pour les régénérer). La région ne comporte pratiquement plus
d'arbres, puisque ces derniers ne peuvent aller chercher l'eau dont
ils ont besoin qu'à 60 m de profondeur. Avant, il suffisait de
faire 10 km pour trouver du bois, alors que maintenant, les arbres
se trouvent à plus de 300 km. Non content de vider les nappes
phréatiques, la plupart de celles qui alimentent la ville sont
contaminées.
Lorsque l'on extrait de l'uranium, une part bien inférieure à 1%
est constituée d'uranium fissile. Le traitement du minerai génère
donc de grandes quantités de déchets : 45 millions de tonnes depuis
40 ans, stockées à l'air libre. Ces poussières contiennent encore
80% de la radioactivité. En effet, l'extraction chimique
entraîne bien l'uranium mais pratiquement pas les métaux
lourds radioactifs (thorium 230, radium 226, plomb 210, etc.) qui
lui sont associés. Ces poussières radioactives sont soumises aux
vents violents coutumiers dans le désert et, du même coup,
contaminent toute la région.
Comme si cela ne suffisait pas, le traitement de l'uranium
nécessite de grandes quantités d'acide sulfurique. Celui-ci est
produit directement sur place dans des conditions lamentables.
Cette fabrication génère des pluies acides, qui ont détruit toute
la flore locale. La faune, ne trouvant plus d'herbe, a également
reculé et les environs de la ville d'Arlit sont maintenant bien
vides. Les eaux usées de l'usine se déversent dans un grand bassin,
de nombreux oiseaux migrateurs s'y arrêtent pour boire et
malheureusement leur voyage s'arrête là.
Toutes ces transformations nécessitent beaucoup d'énergie. C'est
une centrale à charbon qui approvisionne en électricité le site.
Les fumées de la centrale sont extrêmement polluantes et, en plus
du CO2 dégagé, des suies se déposent dans tous les alentours. La
SOMAÏR et la COMINAK disposent en outre de groupes diesel de
secours. La consommation électrique annuelle est de plus de 90 GWh.
Elles utilisent par ailleurs plus de 10'000 m3 de pétrole
(carburant des engins de mine et des véhicules ; séchage du minerai
et de l'uranate). Ainsi, s'agissant des données COMINAK
de 2002, la production d'une tonne d'uranium nécessite
9,7 tonnes d'équivalent pétrole, sans compter l'énergie
nécessaire à l'extraction du charbon, à la production et au
transport sur site des consommables utilisés : soufre (11'768 t),
ciment (5'160 t), chlorure de sodium (3'799 t), carbonate de sodium
(2'955 t), nitrate d'ammonium (1'487 t), magnésie (637 t),
explosifs (325 t), soude caustique (211 t), etc. Le bilan
énergétique n'est pas fourni dans le rapport SOMAÏR 2004,
mais il est probablement moins bon que celui de COMINAK dans la
mesure où la teneur en uranium des minerais extraits par SOMAÏR est
nettement inférieure (3 kg d'uranium par tonne de minerai
contre 5 pour COMINAK).
Comme si les catastrophes écologiques ne suffisaient pas, on peut
ajouter les problèmes sociaux. Plus de 40% des 3'000 travailleurs
des deux mines sont des intérimaires. Ils ne bénéficient d'aucun
soutien médical, ni de retraite. De manière générale, les filiales
d'AREVA annoncent qu'en 30 ans d'exploitation, ils n'ont relevé
aucun cas de maladie liée au travail. C'est oublier un peu vite
tous ces travailleurs morts de cancers. Mais ils sont malins et,
afin de masquer les cancers, les hôpitaux des mineurs ont acquis
très vite un laboratoire pour détecter le virus du Sida. Lorsque
les familles demandent de quoi souffre le patient, les médecins
répondent qu'il est "malade", sans autre précision.
Vous pensez que ça ne peut pas être pire? Navrée de vous annoncer
que plus de 120 permis d'exploitation ont été délivrés, l'année
dernière, par le gouvernement nigérien à des exploitants du monde
entier dont des Chinois, des Canadiens, des Sud Africains, etc. Que
restera-t-il du Niger dans 50 ans ?
Heureusement, une association existe depuis 2001 et dénonce tous
ces faits. Il s'agit d'Aghir in man. Vous pouvez en savoir plus en
allant sur le site: http://ww.aghirinman.org. Vous pouvez également
leur faire un don. Aghir in Man participe, entre autres, à la
sensibilisation, à l'information et à la formation des
populations, éléments essentiels pour que les Hommes puissent
dénoncer l'inacceptable.
Lorsqu'on parle d'énergie nucléaire, il serait bon de ne pas
oublier la provenance de l'uranium que l'on utilise dans nos
centrales, ne serait-ce que par honnêteté intellectuelle. Le
nucléaire est une plaie du début à la fin.
Dr Isabelle Chevalley
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