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Octobre 2007 :

En
instaurant des tests ADN pour prouver une filiation dans le cadre d'un
regroupement familial, l'amendement Mariani, adopté par l'Assemblée
Nationale, fait entrer la génétique dans l'ère d'une utilisation non plus
simplement médicale et judiciaire mais dorénavant dévolue au contrôle
étatique.
Cette nouvelle donne pose trois séries de problèmes fondamentaux.
Tout d'abord, des problèmes d'ordre éthique. En effet, l'utilisation de
tests ADN pour savoir si un enfant peut venir ou non rejoindre un parent
en France pose d'emblée cette question : depuis quand la génétique va
t'elle décider de qui a le droit ou non de s'établir sur un territoire ?
Au-delà, depuis quand une famille devrait-elle se définir en termes
génétiques ? Sont pères ou mères les personnes qui apportent amour, soin
et éducation à ceux et celles qu'ils reconnaissent comme étant leurs
enfants.
Ensuite, cet amendement fait voler en éclats le consensus précieux de la
loi bioéthique qui éloignait les utilisations de la génétique contraires à
notre idée de la civilisation et de la liberté.
Enfin, cet amendement s'inscrit dans un contexte de suspicion généralisée
et récurrente envers les étrangers qui en vient désormais à menacer le
vivre ensemble. Car tout le monde s'accorde à dire que la fraude au
regroupement familial ne peut être que marginale au regard des chiffres
d'enfants annuellement concernés et au regard de l'absence de raison
substantielle qu'il y aurait à frauder dans ce domaine. En effet, quelle
étrange raison pousserait les immigrés à faire venir massivement dans
notre pays des enfants qu'ils sauraient ne pas être les leurs ? Autrement
dit, l'amendement instaurant les tests ADN n'a pas pour fonction de lutter
contre une fraude hypothétique mais bien de participer à cette vision des
immigrés que nous récusons avec force.
Nous sommes donc face à un amendement qui, sur les plans éthique,
scientifique et du vivre ensemble introduit des changements profondément
négatifs. C'est pourquoi, nous, signataires de cette pétition, appelons le
Président de la République et le Gouvernement à retirer cette disposition,
sous peine de contribuer, en introduisant l'idée que l'on pourrait
apporter une réponse biologique à une question politique, à briser
durablement les conditions d'un débat démocratique, serein et constructif
sur les questions liées à l'immigration.
Signez ici la pétition Touche pas
à mon ADN :
http://www.touchepasamonadn.com/ |