Les sables bitumineux de la compagnie
pétrolière Total : une catastrophe écologique!
Les volumes de pétrole que l'on peut obtenir à
partir de schistes bitumineux sont aujourd'hui estimés à environ
2500 milliards de barils, soit environ deux fois supérieurs aux
sources conventionnelles. Une grande partie de ces ressources se
trouve aux Etats-Unis.
Les schistes bitumineux sont des roches
sédimentaires qui contiennent de la matière organique : le «
kérogène ». Il est transformé par traitement thermique, afin
d'obtenir des hydrocarbures - donc du pétrole. Deux techniques de
transformation, in-situ et ex-situ, sont utilisées en fonction de
l'endroit où le traitement thermique est appliqué. Dans
l'exploitation in-situ, la conversion se déroule directement dans
le dépôt après injection d'air de combustion. L'exploitation
ex-situ, qui représente la principale voie d'exploitation
aujourd'hui, consiste au contraire en une extraction minière de la
roche pour ensuite appliquer le traitement thermique dans des
usines à la surface. Dans les deux cas, les hydrocarbures produits
nécessitent un traitement supplémentaire de raffinage afin
d'enlever des impuretés.
L'exploitation de schistes bitumineux est donc un processus
complexe. Deux défis majeurs sont à relever si l'on veut en
favoriser le développement : diminuer des coûts de production qui
sont élevés, et réduire les fortes émissions de gaz à effet de
serre associées au traitement thermique. De plus, dans le cas de
l'exploitation ex-situ, la consommation en eau et la pollution des
sols sont à considérer.
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Total investit dans l'extraction des
sables bitumineux, une catastrophe écologique et un non-sens à
l'heure où la lutte contre les changements climatiques est plus que
jamais d'actualité !
Les sables bitumineux: c'est quoi?
Il s'agit de bitume très visqueux aggloméré à du schiste et du
sable, à partir duquel on produit du pétrole. Ces sables bitumineux
sont exploités dans des mines à ciel ouvert ou dans des gisements
souterrains. Ils peuvent être extraits à l'aide de pelles
mécaniques et de camions géants. Mais souvent il faut forer,
chauffer le bitume en injectant de la vapeur et des solvants en
profondeur, puis mélanger le sable extrait avec de l'eau chaude
pour le rendre moins visqueux . Enfin, il faut le faire décanter
pour en extraire le pétrole. C'est donc un processus aussi complexe
que coûteux.
Actuellement, les plus vastes réserves de sables bitumineux
exploitables se trouvent en Alberta (au Canada), au Venezuela et à
Madagascar.
Une catastrophe écologique
Au Canada, plus de 3 000 km2 de forêts ont déjà été détruits pour
produire ce pétrole. Des rivières sont détournées et polluées pour
fournir les énormes quantités d'eau nécessaires à l'extraction et à
l'exploitation. Les mines à ciel ouvert ont créé d'immenses lacs de
déchets miniers. Des quantités colossales de gaz et de carburant
sont nécessaires. Au final, les émissions de gaz à effet de serre
sont énormes. La production d'un baril de pétrole issu des sables
bitumineux est trois à cinq fois plus émettrice de gaz à effet de
serre qu'un baril de pétrole conventionnel.
Ce n'est pas seulement l'environnement qui est détruit, c'est
aussi la santé humaine qui est menacée. La présence de substances
chimiques toxiques ou de métaux lourds dans les lacs et les
rivières autour des sites d'exploitation compromet la qualité de
l'eau potable, de même que la santé des animaux qui boivent cette
eau et des poissons qui y vivent. Quand les humains consomment ces
animaux ou ces poissons, ils ingèrent en même temps les substances
chimiques que ceux-ci ont consommées.
Le double langage de Total
Total s'offre des campagnes de publicité pour « verdir » son image
et mettre en avant ses investissements dans les énergies
renouvelables. Le montant de ces investissements s'élève en réalité
à 250 millions d'euros d'ici 2010. Total investit bien plus dans
les sables bitumineux : 2,5 milliards de dollars à l'heure qu'il
est, 20 milliards dans les vingt à venir. L'environnement n'est en
aucun cas une priorité pour Total. La compagnie préfère mettre son
argent dans le pétrole le plus sale et le plus cher de la
planète.
Greenpeace dénonce ce crime environnemental et demande aux
pouvoirs politiques de bannir les pétroles non conventionnels comme
les sables bitumineux et de réduire nos émissions de gaz à effet de
serre !