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Les douze scientifiques insistent
particulièrement sur le risque pour l'environnement posé par l'introduction,
par mégarde, dans la nature, d'animaux transgéniques. « Notre plus grande
préoccupation est liée aux espèces qui sont très mobiles et qui sont connues pour
causer de gros dégâts au plan local, et notamment les insectes, les crustacés, les
poissons, les souris et les rats », a noté John Coffin, professeur de biologie
moléculaire à l'Université de Tufts. |
La Voix du Nord Edition du Vendredi 23 Août 2002
La mise en
garde est à la fois sage et effrayante, surtout en provenance des Etats-Unis. Un panel
d'experts de l'Académie nationale des sciences américaine préconise, en
l'absence d'analyses plus approfondies, la plus extrême prudence quant à
l'introduction dans la nature et dans l'alimentation d'animaux
génétiquement modifiés, selon un rapport publié mercredi à Washington.
« Comme c'est le cas avec toute
nouvelle technologie, il est pratiquement impossible de dire qu'il n'y a pas de
quoi s'inquiéter, et dans certains domaines de la biotechnologie animale, nous avons
effectivement identifié des préoccupations légitimes », a déclaré John Vanderbergh,
professeur de zoologie à l'Université de Caroline du Nord, qui présidait ce panel.
Les douze scientifiques insistent
particulièrement sur le risque pour l'environnement posé par l'introduction,
par mégarde, dans la nature, d'animaux transgéniques. « Notre plus grande
préoccupation est liée aux espèces qui sont très mobiles et qui sont connues pour
causer de gros dégâts au plan local, et notamment les insectes, les crustacés, les
poissons, les souris et les rats », a noté John Coffin, professeur de biologie
moléculaire à l'Université de Tufts.
Pour la nature...
et pour l'homme
Selon eux, il n'est pas à
exclure que ces animaux transgéniques, des saumons à croissance accélérée par
exemple, se reproduisent abondamment et, soit disséminent à grande échelle des gènes
conçus en laboratoire par ingénierie génétique, soit en viennent à évincer des
populations sauvages, victimes de leur concurrence pour la nourriture et la reproduction.
Les animaux transgéniques sont créés en
« activant » ou « désactivant » un ou plusieurs gènes appartenant à une espèce
différente, ce qui permet d'influer sur différents facteurs : rythme de croissance,
couleur, taille, ou encore composition, comme par exemple une viande moins grasse et plus
riche en protéines, des oeufs sans cholestérol, du lait contenant des médicaments, etc.
Les experts attirent donc aussi
l'attention sur les éventuels dangers pour l'homme de l'introduction dans
l'alimentation de ces animaux modifiés génétiquement. Pourquoi ? En raison, là
encore, des risques non connus, notamment de possibles réactions allergéniques causées
par les protéines produites par les gènes insérés.
Quant aux animaux clonés ou leurs
produits dérivés (lait de vache, par exemple), bien que rien n'indique à ce stade
que leur consommation soit dangereuse pour la santé, les experts insistent sur la
nécessité d'être extrêmement prudents en l'absence d'études sur leur
toxicité.
Intitulé Biotechnologie animale :
identifier des préoccupations scientifiques, ce rapport a été commandé par
l'Administration de contrôle des aliments et des produits pharmaceutiques, qui
prépare une nouvelle réglementation sur la sûreté sanitaire de produits de
biotechnologie animale. Les études et les textes se font en effet pressants.
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