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Mardi 09 septembre 2008
La pomme de terre est partout : dans l'assiette, les sacs
plastiques, le réservoir de la voiture, etc. La patate a un avenir assuré
mais doit-on l'utiliser comme substitut écologique quand 25 000 personnes
meurent de faim chaque jour ?
On le sait, la pomme de terre se cuisine à toutes les sauces. Ce qu'on sait
moins, c'est qu'elle n'est pas uniquement bonne à manger. Elle peut aussi
être bénéfique pour l'environnement, en particulier son amidon, utilisé pour
faire de l'éthanol et produire des combustibles ainsi que des sacs
plastiques. L'amidon pourrait-il alors se substituer demain au pétrole ?
Cette semaine se tient en France à la fois "Le colloque international sur la
pomme de terre de demain" et "Les 5èmes Journées internationales de la pomme
de terre". L'occasion de s'interroger sur l'avenir du tubercule dans les
domaines nutritionnel et écologique.
Les sacs bio se dégradent en six mois
L'intérêt des sacs biodégradables n'est plus à prouver : ils se dégradent en
cinq à six mois contre 400 ans pour les sacs en plastique. Sans compter que
la fabrication est aussi plus économe en énergie car le procédé avec
l'amidon demande moins de chaleur. Seul hic, le prix. Il est deux fois plus
élevé. Mais les industriels estiment que le prix du plastique issu du
pétrole continuera à monter et que celui à base d'amidon baissera grâce à
l'augmentation de la production.
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Mais qui dit "production", dit "pomme de terre" en tant
qu'aliment de base, indispensable à la majeure partie de la population
mondiale. Sa production a doublé depuis 15 ans pour atteindre aujourd'hui
310 millions de tonnes et devrait encore doubler d'ici 2020. L'ONU a même
déclaré 2008 "année de la pomme de terre". L'organisation internationale
entend ainsi promouvoir sa culture dans les pays en développement, notamment
en Afrique, car elle pousse facilement, ne demande pas beaucoup d'eau et
s'adapte à tous les climats. L'aliment idéal pour enrayer des famines. En
2005, pour la première fois, la production de la pomme de terre dans les
pays en voie de développement avait dépassé celle des pays développés. La
Chine est devenue le premier producteur mondial de pommes de terre, et
quasiment un tiers de tous les tubercules sont désormais récoltés en Chine
et en Inde.
Alors doit-on sauver la planète en accordant un quota de la production à des
fins écologiques ou doit-on la réserver exclusivement à des fins
alimentaires ? Selon la FAO, la production mondiale de pommes de terre en
2005 s'est montée à plus de 310 millions de tonnes, et environ 100 millions
ne sont pas destinés à l'alimentation humaine.
La pomme de terre indispensable pendant la crise alimentaire
Les pro-environnementalistes noteront que les sacs biodégradables offrent un
nouveau débouché aux agriculteurs. Les antis rappelleront que la pomme de
terre s'est encore rendue indispensable cette année sur le marché
alimentaire, avec la flambée des prix des matières premières et la crise
alimentaire qui a touché près de deux milliards de personnes selon la Banque
mondiale.
Il est nécessaire de rappeler que la pomme de terre, principale denrée
alimentaire non céréalière du monde, n'est pas commercialisée sur le marché
mondial. Son prix n'est donc pas soumis aux fluctuations des marchés
internationaux. Sa culture ne peut donc être que vivement recommandée pour
atteindre la sécurité alimentaire. L'aspect écologique paraît alors
secondaire, mais pourquoi ne pas envisager de cultiver des pommes de terre à
des fins écologiques sur des terres non encore exploitées ? C'est aussi la
loi de l'offre et de la demande qui décidera de l'avenir de ces sacs
biodégradables.
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