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Mardi 24 juin 2003 Liberation.fr ______________________________________________________ A deux jours d'un sommet UE-Etats-Unis à la Maison Blanche, le président américain a exhorté lundi les gouvernements européens à renoncer au moratoire sur les importations de produits agricoles transgéniques, arguant que leurs réticences font obstacle à la lutte contre la famine en Afrique. Par GS, avec agences George W. Bush en remet une couche. Intervenant lors d'une conférence portant sur les biotechnologies, lundi à Washington, le président américain a de nouveau reproché aux nations européennes de refuser l'importation des aliments génétiquement modifiés (OGM) pour des raisons de santé publique. Et d'entretenir indirectement la famine en Afrique. Cette intervention suit l'échec, la semaine dernière, des négociations entre les Etats-Unis et l'Union européenne concernant l'arrivée des OGM sur le Vieux continent. De guerre lasse, Washington avait annoncé jeudi qu'il réitérerait leur plainte devant l'Organisation mondiale du Commerce. Boycott. Les gouvernements européens, estime Bush, se basent sur des «craintes non-fondées et non-scientifiques»: «En raison de ces obstacles artificiels, de nombreuses nations africaines évitent d'investir dans la biotechnologie de peur de voir leurs produits exclus de marchés européens importants.» Le président américain a ajouté: «Pour le bien du continent menacé par la famine, j'exhorte les gouvernements européens à cesser de s'opposer à la biotechnologie. Nous devrions encourager la diffusion d'une biotechnologie sûre et efficace pour gagner la bataille contre la famine à l'échelle planétaire.» Une allusion au refus récent, par plusieurs pays africains, dont la Zambie, de plusieurs cargaisons d'aide alimentaire américaine composée de céréales génétiquement modifiées. Comme par hasard, la diatribe présidentielle intervient à la veille d'une réunion annuelle UE-Etats-Unis. La polémique sur les organismes génétiquement modifiés devrait être abordée, entre autres sujets, lors du... déjeuner de travail à la Maison Blanche mercredi. Moratoire. Ce discours n'est pas neuf. Le mois dernier, Bush avait déjà établi un lien entre le moratoire (voir encadré) décidé par certains pays européens (dont la France et l'Allemagne) en 1999 et la famine en Afrique, en arguant des gains de productivité permis par la culture OGM et en accusant l'Europe de donner le mauvais exemple. Fin mai, le commissaire européen au Commerce Pascal Lamy s'était fâché tout rouge: «Accuser l'Union d'affamer le tiers-monde parce que nous ne le gavons pas de surplus OGM (...) est carrément inadmissible.» Lundi, la réponse de la Commission fut plus pondérée: un porte-parole a timidement invoqué le principe de précaution (en déclarant qu'il vaut mieux être «sûr que désolé») avant d'admettre qu'il s'agissait là d'un sujet «hautement sensible dans tous les pays membres»: «La Commission européenne respecte cela, comme devraient le faire les Etats-Unis.» La position des pays membres sur la levée du moratoire n'est en effet pas unanime, entre une Grande-Bretagne qui y est très favorable et des pays comme l'Italie ou l'Allemagne plus ou moins hostiles. manif anti-OGM à Sacramento. L'intervention lundi du président américain était également opportune puisque, lundi, s'est ouvert à Sacramento (Californie) une conférence destinée à promouvoir les biotechnologies regroupant, autour de la secrétaire américaine à l'Agriculture Ann Veneman, des dizaines de ministres de la Santé et de l'Agriculture de pays en voie de développement. Près de 3.000 personnes ont manifesté pacifiquement pour marquer leur opposition aux OGM, certains étant déguisés, selon une organisatrice citée par l'Agence Française de Presse, «qui en papillon, qui en tomate géante». Au moins 36 personnes ont été interpellées par la police anti-émeute dimanche et lundi, certains pour «vandalisme, possession d'armes et d'objets pointus». La plupart des manifestants concentraient leurs critiques sur le géant de l'agroalimentaire Monsanto: après le soja, le colza ou le maïs, la compagnie s'apprête à mettre sur le marché, pour la première fois, un blé génétiquement modifié. |
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http://terresacree.org
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