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Etude anglaise. 18 octobre 2003
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Les organismes génétiquement modifiés ne sont pas si « doux » pour
l'environnement que ne le font croire leurs promoteurs. Publiés hier par la
très sérieuse Royal society, les résultats d'une batterie de huit études
issues d'expériences en plein air initiées depuis 1999 par le gouvernement
anglais ont confirmé la teneur des fuites apparues dans « The Guardian »,
voici quinze jours.
Plus vaste étude jamais menée pour mesurer « l'impact environnemental » des
OGM, ces essais en champs ont porté sur trois variétés - colza, betteraves à
sucre et maïs - plantées au travers de soixante parcelles. Chaque champ
était divisé en deux, cultivé d'une part avec une variété d'OGM pulvérisée
avec un herbicide à large spectre (toléré par la plante OGM) et d'autre part
avec une variété conventionnelle pulvérisée avec un herbicide spécifique.
Selon les résultats conjoints des huit études menées pour mesurer l'impact
sur la faune et la flore, il apparaît une différence significative dans les
effets sur la biodiversité lorsqu'une culture est pratiquée avec ou sans
OGM, notent les chercheurs anglais.
Les cultures de betteraves et de colza génétiquement modifiés sont plus
agressives pour leur environnement que les cultures traditionnelles,
estiment les auteurs du rapport. La nature « OGM » de la plante n'est pas en
cause, mais bien l'herbicide utilisé, jugé responsable de cette différence,
en affectant les réserves de nourriture accessibles aux insectes.
L'étude anglaise constate que les scarabées, les abeilles ou les papillons
sont plus nombreux dans et autour des champs de betteraves et de colza
traditionnels que dans leurs voisins transgéniques, où subsistent néanmoins
des groupes d'insectes « de sol ». Les semences et les mauvaises herbes qui
prolifèrent entre les sillons chutent dans les champs de betteraves (- de 60
%) et de colza transgéniques ( - 80 %).
En revanche, la situation est plus favorable pour les cultures de maïs
génétiquement modifié. La biodiversité est plus riche notamment parce que
l'on trouve en plus grande quantité des mauvaises herbes dont se nourrissent
certains insectes et... les oiseaux. Cette dernière question n'est pas
étudiée par l'étude, mais soulignée comme un risque potentiel supplémentaire
pour de nombreuses espèces d'oiseaux déjà fortement exposées, voire
menacées, en Europe.
Enfin, les chercheurs anglais précisent que leurs conclusions ne sont
applicables qu'à ces trois variétés et ne sont pas généralisables. Notons
que l'impact environnemental étudié n'a pas pris en compte les questions de
dissémination et de contamination des autres cultures (conventionnelles ou
biologiques) engendrées par la présence des organismes génétiquement
modifiés. Sur ce plan, l'expérience à ciel ouvert des fermiers américains a
déjà prouvé l'immense difficulté de faire coexister les différents types de
cultures.
CHRISTOPHE SCHOUNE
http://www.bladi.net/modules/newbb/sujet_10309_19.html |