

Pas
d'ascenseur!
OGM : Comment protéger la
biodiversité ?
Nouveaux sites web de la
Food and Agriculture Organisation
"
UNE TEMPÊTE dans un verre d'eau "? Non,
monsieur Glavany, c'est la pointe émergée de l'iceberg OGM ! L'affaire du colza
" pollué " aux organismes génétiquement modifiés (OGM) constitue un tournant
majeur de la saga des plantes transgéniques. Elle manifeste de manière exemplaire la
validité des craintes exprimées de longue date par les environnementalistes et place au
premier plan la question écologique que posent les OGM : la menace qu'elles représentent
pour la biodiversité.
Jusqu'à présent, le
débat a tâtonné, cherchant un point d'ancrage - ce qui paraît normal pour une nouvelle
technologie mal comprise du public, difficilement vulgarisée par les médias et très
loin d'être maîtrisée par les scientifiques. La crainte des citoyens s'est portée,
pour l'essentiel, depuis 1997, sur les éventuels risques des plantes transgéniques pour
la santé. Par association avec la " vache folle " et les poulets à la dioxine,
l'idée s'est répandue que les OGM pourraient, eux aussi, être dangereux pour ceux qui
s'en nourriraient.
En fait, la seule question
médicale sur laquelle se soit construit un débat scientifique solide est celui de savoir
si 1'utflisation des gènes de résistance aux antibiotiques risque d'augmenter la
résistance des bactéries à ces médicaments. Or l'utilisation de ces gènes, qui
correspond à une étape primitive de la technologie des OGM, est appelée à disparaître
: Novartis a annoncé le 23 mai 2000 une méthode, nommée Positech, qui permet de s'en
passer.
Si donc la question sanitaire était seule en cause dans l'affaire
transgénique, il n'y aurait pas de quoi fouetter ce chat-là plus que d'autres : sauf
surprise scientifique, il est difficile de prouver que les OGM sont plus nocifs que les
résidus de pesticides, traces de dioxines et autres additifs alimentaires que nous
ingérons quotidiennement.
La question la plus
importante, quoique moins médiatique que l'angoisse alimentaire, concerne l'impact que
les OGM pourraient avoir sur la biodiversité en diffusant de manière incontrôlée les
gènes dont ils sont artificiellement porteurs.
C'est précisément ce
qui vient de se passer avec le colza " pollué " d'Advanta : pour la
première fois, la possibilité que les OGM échappent au contrôle est apparue nettement
et publiquement. Certes de nombreux articles scientifiques, des études, les témoignages
d'agriculteurs américains ont décrit ce phénomène. Mais dans une relative
indifférence. Or voilà qu'il atteint la conscience publique : car ce n'est pas ici
un groupe écologiste, un laboratoire peu connu ou de frêles agriculteurs qui affichent
la question, mais une entreprise même de l'agro-industrie, d'ailleurs pas
hostile aux OGM, qui se trouve victime de leur dissémination.
Pourquoi la diffusion de
gènes de résistance aux pesticides ou de sécrétion de toxines est-elle problématique
? Parce qu'elle risque d'accroître le mouvement mondial des "
bio-invasions ", reconnu par les naturalistes comme une des menaces essentielles
pesant sur la biodiversité. Les bio-invasions désignent la prolifération
d'espèoes qui, transportées pour des raisons diverses hors de leur écosystème
d'origine, prospèrent dans l'écosystème hôte jusqu'à supplanter les
espèces autochtones.
En France l'algue
Caulerpa taxifolia représente le cas le plus connu de bio-hivasion, tandis qu'en
Afrique la jacinthe d'eau envahit tous les lacs et les cours d'eau. Les
conséquences en sont à la fois la réduction de la biolocale et l'appauvrissement
des communautés humaines qui vivent des ressources naturelles qu'éradique
l'envahisseur. Parallèlement, la diffusion des gènes d'OGM pourrait altérer le
patrimoine génétique de nombreuses espèces.
La question a été
évoquée le 4 mai aux Etats_Unis devant un comité de la National Academy of Sciences par
William Brown, conseiller scientifique du secrétaire d'Etat à
l'intérieur : ce ministère, responsable des parcs naturels et des espèces en
danger, est préoccupé, a-t-il indiqué, par la possibilité que les OGM puissent
affecter l'environnement "à la façon des plantes
envahissantes ". De même, la Chine a proposé le 22 mai que les OGM soient
inclus
dans la prise en compte du problème des espèces envahissantes par la
conférence de la Convention sur la biodiversité qui se tient à Nairobi cette semaine.
LES POISSONS AUSSI
La diffusion des gènes des
OGM peut se faire dans deux directions. D'une part vers des espèces
apparentées : par exemple, le croisement du colza vers la ravenelle et la moutarde
est bien documenté, et pourrait permettre la diffusion de gènes de résistance aux
pesticides vers ces plantes considérées, du point de vue agricole, comme des mauvaises
herbes. Le même type de problème pourrait se poser, par exemple, pour le maïs avec un
parent sauvage, le téosinte, ou dans la famille du riz. Or il est indispensable de
préserver les souches sauvages des principales plantes cultivées dans les diverses
régions du monde qui les abritent, notamment afin d'assurer dans l'avenir un
relais génétique aux variétés aujourd'hui cultivées.
COEXISTENCE IMPOSSIBLE
D'autre part, les
gènes des OGM peuvent, dans plusieurs cas, se disséminer entre variétés d'une
même espèce : c'est précisément ce qui se passe avec le colza cultivé au
Canada, où les variétés non transgéniques se trouvent infestées par leurs voisins
OGM. Le phénomène n'est pas limité aux plantes. Une étude publiée le 23 novembre
1999 dans les "Proceedings of National Academy of Sciences " conclut
qu'un transgène introduit dans une population de poissons, par le biais de quelques
individus pourrait se répandre à toute la population et éradiquer sur quelques
générations la population non transgénique.
Enfin, une troisième mise
en cause de la biodiversité apparaît, à l'articulation de l'écologique et du
social : les spécialistes du domaine redécouvrent la qualité des savoir-faire et
connaissances "traditionnels " pour maintenir et exploiter une
palette large de biodiversité cultivée. C'est aussi vrai des paysans andins que des
fermiers normands. Or il est clair que le développement des OGM menace ces agronomies
"polyculturelles ", soit directement en contaminant les exploitations
d'agriculture biologique, soit indirectement en tant que vecteurs d'une
agro-industrie qui conduit de facto à la ruine des petits paysans.
L'enjeu des OGM
dépasse donc largement le risque pour la santé : il concerne la planète et
les moyens à trouver pour limiter une destruction rapide des espèces - , et il concerne
le choix des systèmes agricoles qui permettront à la planète d'assurer sa
suffisance alimentaire. Il est probable qu'une simple coexistence des deux systèmes
ne sera pas possible, notamment parce que les OGM ne seront pas facilement cantonables
dans leurs champs. Pour aider à trancher ce choix, l'agro-industrie devra faire la
preuve qu'elle peut ne pas polluer et ne pas détruire la bio-diversité et
les agricultures "paysannes " devront prouver qu'elles peuvent
assurer surtout dans les pays en croissance démographique, une production croissante sans
perdre leurs qualités écologiques. Mais, in fine, le débat est politique :
c'est entre deux avenirs qu'il faut choisir.
Hervé Kempf
Journal Le Monde du
dimanche 28 mai 2000.
Merci à Nathalie pour sa
contribution.

NOVA supplément multimédia N° 65 page
26, Mai 2000 :
Un mail de Michel sur les OGM. La
science fiction dans votre assiette : "Mouche-méduse, pomme de
terre-poulet (plus besoin de cuisiner ?), maïs-chien, patate-homme, maïs-blé (comme
tous les autres OGM, il fait de l'oseille !) tomate-scorpion (il n'aboie pas),
cochon-homme (nombreuses lignées), etc. Contactez les organes de presse, les politiques,
les entreprises, les associations, les élus... Bombardez-les ! Il n'y a rien que les
puissants craignent autant que des citoyens informés", dit-il en donnant l'URL du
Cafard Fluo !
http://terresacree.org/poislu.htm
31 mai 2000 : Suite à l'accident d'Advanta
Seeds, merci aux ministères d'appliquer la loi du 13 juillet 1992 et de détruire avant
floraison toutes les parcelles expérimentales d'OGM, sans exception. Chacun peut aider
les forces de l'ordre à arracher ces mauvaises herbes.

La biodiversité des
espèces menacée
Sacrée Terre! (association loi 1901)
http://terresacree.org
- sos-planete@terresacree.org. chemin Counillere,
F-83149-BRAS. Parce qu'on la massacre!
Merci à toutes les petites
fourmis (non transgéniques) pour la collecte des infos.
Celera : l'homme et la mouche -
Biodiversité
: l'hécatombe! -
Parole d'homme-nature -
Porte - http://terresacree.org
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