
Vos réactions :
De
Pierre Chavant, le 2 octobre 2008 :
Ton article indique bien les problèmes, sauf la toxicité
du Nickel ( reconnu cancérigène chez l'homme) et du Cobalt (allergène), mais
dans une pile ce serait gérable, car on récupèrerait les piles en fin de
vie, pas de rejet chronique de métaux comme il en a dans les pots
catalytiques actuels.
C'est un bon plan. Ca remplace l'hydrogène, carburant
pour fusée, par l'hydrazine, carburant pour fusée.
Cela dit ne rêvons pas : il faut de l'énergie pour
produire l'hydrogène ou l'hydrazine. Tout ça au fond, c'est du stockage
d'énergie. Reste à produire l'énergie.
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29/09/2008
Quelle sera la voiture de demain ? La pile à combustible, qui
produit de l'électricité utilisable ensuite par un moteur électrique, semble
prometteuse. Sur ce segment, le constructeur japonais Daihatsu concocte un
combustible alternatif à l'hydrogène : l'hydrazine.
C'est avec l'Advanced Industrial Science and Technology (AIST), au Japon,
que Daihatsu a développé cette nouvelle pile à combustible. Une pile à
l'hydrazine. L'intérêt ? Cette pile n'utilise pas de coûteux catalyseurs
contenant du platine. Elle utilise des métaux beaucoup moins nobles : du
nickel à l'anode et du cobalt à la cathode, car le milieu est moins acide et
ne nécessite pas de métaux très résistants à la corrosion. Des métaux bon
marché : 3 euros par véhicule contre 2700 euros pour le platine.
Autre avantage : la pile produit plus de 200 mW/cm2, davantage qu'une pile
à hydrogène similaire. Comme le combustible est liquide à température
ambiante, il peut être manipulé et stocké plus facilement que l'hydrogène.
Enfin, l'hydrazine est un réducteur apprécié parce que ses sous-produits
sont généralement l'azote gazeux et l'eau : pas un gramme de CO2 sous le
capot.
Toxique. Seul problème jusqu'à présent : la sécurité du système. Poison
redoutable au-delà d'une concentration massique de 30% et danger inflammable
au-delà de 80%, les dérivés d'hydrazine n'ont rien d'inoffensif. La solution
: fixer l'hydrazine chimiquement sous une forme solide et sûre appelé
hydrazone dans le réservoir du véhicule. Et libérer uniquement la quantité
nécessaire sous forme liquide : il suffit de remplir le réservoir avec de
l'eau chaude pour libérer de l'hydrate d'hydrazine.
Le constructeur envisage d'utiliser ce modèle de pile à combustible dans ses
futurs petits véhicules low-cost, dans le giron de Toyota.
Ana Lutzky
Les autres vies de l'hydrazine
Conservateur de chaudières. L'hydrazine est utilisé comme antioxydant,
désactiveur d'oxygène et inhibiteur de corrosion dans l'eau des chaudières
et des circuits de chauffage (dans ce rôle, on lui préfère désormais le
N,N-Diethylhydroxylamine, de moindre toxicité).
"Sépareur" de déchets nucléaires. Elle est aussi
utilisée pour réduire les sels de métaux et d'oxydes de métaux à l'état
métallique dans l'électrolyse du nickel ainsi que dans l'extraction du
plutonium à partir de déchets nucléaires.
Propulseur de fusées. L'hydrazine est actuellement utilisée dans les moteurs
à faible poussée de positionnement des satellites, il a la particularité de
ne pas nécessiter de comburant : c'est un monergol. On se sert de ces
propulseurs pour manoeuvrer les engins spatiaux, notamment à usage de moteur
auxiliaire de la navette spatiale. C'est la réaction très exothermique de
décomposition qui fait fonctionner le propulseur. Elle est obtenue en
faisant passer l'hydrazine sur un catalyseur : cette réaction très
exothermique (le catalyseur de la chambre peut atteindre 800 °C) se
déclenche en quelques millisecondes et permet un dosage très précis. Elle
produit de grandes quantités de gaz chaud à partir d'un petit volume
d'hydrazine liquide, ce qui en fait un bon propergol pour la propulsion.
http://www.usinenouvelle.com/
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Fabrication
Theodor Curtius
synthétisa l’hydrazine simple pour la première fois en 1889 par un biais
détourné.
L’hydrazine est produite par le
procédé d’Olin Raschig à partir de l’hypochlorite
de sodium et de l'ammoniaque,
une méthode inventée en 1907. Ce procédé repose sur la réaction des
chloramines avec
l'ammoniaque.
Une variante du procédé d’Olin
Raschig est l'oxydation de l’urée
par l’hypochlorite
de sodium:
(H2N)2C=O
+ NaOCl + 2NaOH → N2H4
+ H2O +
NaCl + Na2CO3
Dans le cycle Atofina-PCUK,
l'hydrazine est fabriquée en plusieurs étapes à partir d’acétone,
d'ammoniaque et de peroxyde d'hydrogène. L’acétone et l'ammoniaque
réagissent d’abord pour donner une
imine, réaction suivie
d’une oxydation par le
peroxyde d'hydrogène en
oxaziridine, une
molécule comportant trois cycles carbone, de l'oxygène et de l'azote, suivie
d’une
ammoniolyse qui conduit
à l’hydrazone,
un processus qui assemble deux atomes d'azote. L’hydrazone réagit avec
l'acétone en excédent, et l'azine produite est hydrolysée pour former
l'hydrazine, en régénérant l’acétone. Contrairement au procédé de Raschig,
cette méthode ne génère pas de sel. PCUK est associé à Ugine Kuhlmann, un
fabricant français de produits chimiques.
L’hydrazine peut aussi être produite
par une méthode connue sous le nom de procédé
ketazine et
peroxyde.
En 2001, Marc Strous, microbiologiste à l'Université
de Nijmegen aux Pays-Bas, a découvert que l'hydrazine est produite par des
levures et une bactérie océanique l’anammox (Brocadia
anammoxidans). Ce sont les seuls organismes
vivants actuellement connus capables de produire naturellement de
l’hydrazine.

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