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NOUS AVONS RECU DE :
Stéphane Lhomme
Porte-parole du Réseau "Sortir du nucléaire" le 23
novembre 2008 :
A propos du réacteur nucléaire "miraculeux" à haute
température
Depuis quelques jours, il circule sur le net la traduction
d'une interview publiée par le quotidien allemand Die Welt.
L'interviewé fait l'apologie d'un réacteur - dit "à boulets", et
fonctionnant à haute température (HTR) - supposé être véritablement
"miraculeux" : pratiquement ni risques ni déchets, etc... Il est
donc nécessaire d'apporter quelques commentaires avant que cette
"information" n'ait abusée trop de monde.
Avant tout, il faut bien comprendre que s'il existait (qui plus est,
depuis des décennies !) un type de réacteur sûr et ne posant pas de
problèmes de déchets radioactifs, il y a longtemps que de nombreux
pays l'auraient mis en service ! Les explications données dans
l'interview à ce mystère sont proprement ridicules. (Cf l'argument
de Tchernobyl, voir ci-dessous). Il est exact que l'allemand Siemens
a essayé de mettre au point un HTR, mais il n'est jamais parvenu.
Sinon ça se saurait et les autres pays nucléarisés auraient suivi.
(...)
Notons aussi que l'interviewé aligne une suite d'affirmations...
pratiquement impossibles à contester. En effet, que répondre à des
choses comme : "La solidité de cette enveloppe (...) est garantie
pendant au moins un milliard d'années", ou "cette technologie est
intrinsèquement sûre", ou "Cette sécurité ne peut pas être
surpassée", ou "Le problème du stockage des déchets nucléaires
serait ainsi résolu", etc. ?
N'importe quel marchand d'aspirateur peut faire autant de belle
déclarations. Au moins peut-on brancher l'aspirateur pour vérifier
la réalité des "miracles" annoncés. Mais là il s'agit de réacteurs
nucléaires et, curieusement, ni les français, ni les américains, ni
les russes, ni les japonais, etc n'ont pensé à fabriquer ce type de
réacteur magique, préférant... des réacteurs dangereux et qui posent
des problèmes insolubles de déchets !
L'explication avancée pour ce choix, en Allemagne, est d'ailleurs
ridicule : "une décision prise en 1986 en Rhénanie-Westphalie par
l'ancien Ministre-Président Johannes Rau sous l'impression de la
catastrophe de Tchernobyl et sous la pression d'une population
inquiète" et "on pensait ne pas pouvoir faire comprendre à la
population la différence entre une technique nucléaire désuète et
une autre d'avant-garde".
Or, dès le début des années 90, l'allemand Siemens a commencé à
travailler avec le français Framatome (aujourd'hui Areva) pour
concevoir le réacteur EPR. La catastrophe de Tchernobyl n'a pas donc
pas arrêté longtemps les travaux de Siemens. En quoi était-il donc
plus difficile de mettre en oeuvre à ce moment là le "merveilleux"
HTR ? Comment a-t-il pu être possible de mettre en oeuvre un
réacteur dangereux (car l'EPR est dangereux) mais pas un réacteur
"intrinsèquement sûr" ??? Tchernobyl aurait contaminé à ce point les
cerveaux ?
L'interviewé ajoute "on pensait ne pas pouvoir faire comprendre à la
population la différence entre une technique nucléaire désuète et
une autre d'avant-garde". Depuis quand l'avis de la population
est-il pris en compte concernant le nucléaire ? Et pourquoi
aurait-il été pris en compte cette fois-là ? D'ailleurs, malgré
Tchernobyl, le nucléaire a continué à fonctionner en Allemagne (la
sortie du nucléaire n'y a été décidée qu'en 2000, et 17 réacteurs y
fonctionnent toujours à ce jour !)
Et puis, à nouveau, on ne voit pas en quoi il était plus facile
après Tchernobyl de faire accepter à la population des réacteurs
dangereux par rapport à des réacteurs "intrinsèquement sûrs".
Il est grand temps de conclure ce mail, beaucoup de temps perdu pour
quelques annonces gratuites et absurdes. Mais, nous faire perdre du
temps, n'est ce pas justement le but de ce genre de brûlots ?
Stéphane Lhomme
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Une preuve de ce que Areva tente de développer de nouveaux
réacteurs, de simples réacteurs "à eau pressurisée" (comme les
réacteurs actuels et comme l'EPR)... sans s'essayer au HTR dont les
"miracles" semblent n'avoir pas convaincu l'industrie nucléaire.
Mitsubishi et Areva accélèrent leur projet de réacteur
Reuters - 12/06/08 - Le groupe japonais Mitsubishi Heavy Industries
annonce qu'il pourra commencer à commercialiser des réacteurs
nucléaires de taille moyenne avec Areva plus tôt que prévu au vu du
bon déroulement du projet.
Les deux partenaires avaient initialement prévu de lancer la
commercialisation des réacteurs à eau pressurisée ATMEA1, d'une
capacité de 1.100 mégawatts, d'ici deux ans.
"Les travaux de développement des deux entreprises se passent
tellement bien que nous discutons d'un lancement des activités de
commercialisation du réacteur dès aujourd'hui", a déclaré, Hideaki
Omiya, président de Mitsubishi Heavy Industries, lors d'une
conférence de presse.
Il a ajouté que les deux entreprises envisageaient également de
travailler ensemble pour la vente de plus gros réacteurs et de
composants clef comme, par exemple, les générateurs de vapeur.
Les deux groupes sont également tombés d'accord pour collaborer dans
le domaine du combustible nucléaire.
L'élargissement de l'alliance entre Mitsubishi et Areva intervient
alors que le secteur des fabricants de réacteurs nucléaires se
structure autour de trois grandes entités qui profitent d'une forte
demande en provenance notamment des Etats-Unis et de la Chine.
En plus du tandem franco-japonais, on compte deux duos
américano-japonais, d'une part General Electric qui a noué des liens
avec le japonais Hitachi et d'autre part le conglomérat Toshiba qui
a racheté Westinghouse.
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Centrales nucléaires vertes?
Die Welt du 15.11.08 - La technique des réacteurs à boulets a été
empêchée en Allemagne mais est utilisée en Chine. Elle comporte un
risque minimal qui pourrait même être assuré. L'entrepreneur Hermann
Josef Werhahn, beau-fils d'Adenauer en est convaincu.
Voici des extraits d'une interview de Werhahn avec le journal Welt:
Werhahn : Les systèmes actuels de l'industrie nucléaire ne sont que des
étapes intermédiaires et ne sont pas prévues pour l'éternité. Les
règlements doivent être beaucoup plus sévères que ceux qui sont
appliqués actuellement. Je suis d'accord sur ce point avec les
anti-nucléaires. Mais si on utilisait la technique des réacteurs à haute
température (HTR) mise au point par le docteur Schulten dans le centre
de recherche de Jülich, il n'y aurait pas aujourd'hui le problème de la
gestion des déchets.
Welt : Pourquoi ?
Werhahn : Cette technique n'utilise pas des crayons de combustibles mais
des grains blindés aussi petits que des grains de sable. Ces petits
grains se retrouvent - de même que des raisins secs dans le pain - dans
une boule de graphite qui tiendrait dans la paume d'une main. La
solidité de cette enveloppe de céramique qui entoure le combustible - et
plus tard le résidu nucléaire - est garantie par les experts pendant au
moins un milliard d'années. Le problème du stockage définitif serait
ainsi résolu. L'exploitation des centrales nucléaires serait également
exempte de ses risques actuels.
Welt : Pourtant, le développement de la technologie dont vous parlez a
été interrompu il y a des années en Allemagne : Pourquoi, si cette
technique est tellement supérieure à la technique traditionnelle ?
Werhahn : Ceci a été une erreur dramatique, une décision prise en 1986
en Rhénanie-Westphalie par l'ancien Ministre-Président Johannes Rau sous
l'impression de la catastrophe de Tchernobyl et sous la pression d'une
population inquiète.
Welt : Du point de vue actuel, c'est peu compréhensible. Les réacteurs
de la deuxième génération, qui comportent un risque résiduel élevé, sont
en service jusqu'à ce jour, alors qu'une nouvelle technologie plus sure
a été stoppée ?
Werhahn : Une erreur motivée par la politique. Manifestement, on pensait
ne pas pouvoir faire comprendre à la population la différence entre une
technique nucléaire désuète et une autre d'avant-garde. Rau avait
l'intention de présenter la nouvelle technologie à l'ancien secrétaire
général russe, Gorbatchev. Mais quelques jours plus tard à Düsseldorf,
on ne parlait plus que de sortir du nucléaire.
Welt : Ainsi, le know-how de cette technologie n'a pas émigré vers la
Russie mais plus tard vers la Chine et l'Afrique du sud. On développe en
France des réacteurs de la quatrième génération (EPR) qui sont supposés
être plus sûrs que ceux qui sont actuellement en service. Sont-ils une
alternative au HTR du point de vue de la sûreté ?
Werhahn : La technologie des réacteurs à boulets est beaucoup plus sure
que la technique des réacteurs traditionnels, même améliorée. Dès le
départ, le HTR a été développé pour être utilisé dans les agglomérations
urbaines car cette technologie est intrinsèquement sure. Pour des
raisons naturelles, le réacteur ne peut pas exploser. Plus la
température s'élève dans le réacteur et plus le taux de réaction
s'affaiblit. Dans le jargon des experts, c'est le coefficient de
température négatif. Ce réacteur pourrait être assuré comme n'importe
quelle autre installation industrielle, contrairement aux centrales
traditionnelles qu'aucune compagnie d'assurance n'accepte de couvrir, à
cause du risque résiduel trop élevé.
Si à l'avenir, les gouvernements n'autorisaient que les centrales
nucléaires qui peuvent être assurées selon le droit privé, ce serait une
percée pour la technologie des HTR.
Welt : Comment se comporterait ce réacteur en cas d'attaque terroriste ?
Werhahn : Il résisterait. Que se passerait-il si on lançait une ogive
dans un milliard de petites boules ? Elles se disperseraient et
esquiveraient les pressions. Certaines boules seraient endommagées, mais
les grains blindés durs comme du diamant resteraient intacts. Cette
sécurité ne peut pas être surpassée.
Welt : Ce n'est pas l'uranium mais le thorium qui est utilisé dans les
HTR
Werhahn : Pour faire démarrer le réacteur, il faut de l'uranium enrichi.
Puis il fonctionne effectivement au thorium, qui a l'avantage de ne pas
produire de plutonium, ce qui a une importance considérable en terme de
non-prolifération.
Welt : Quelles sont les réserves mondiales de thorium par rapport à
l'uranium ?
Werhahn : On trouve du thorium dans les gisements de monazite. Les
réserves suffiraient pour exploiter toutes les centrales du monde
pendant plusieurs centaines d'années.
Welt : Pourriez vous convaincre les Verts avec cette technologie ?
Werhahn : Pourquoi pas ? Pour moi, ce sont des réacteurs verts. Ils
doivent être évalués tout autrement que les centrales nucléaires
actuelles.
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