
|
Evelyne Casalegno
13/09/2008
New York, Etats-Unis (PANA) - La crise alimentaire mondiale
consécutive à la hausse des prix des denrées de première nécessité est en
train de compromettre le droit à l'alimentation, a déclaré un expert
indépendant de l'ONU.
Présentant son dernier rapport sur le droit à l'alimentation au Conseil des
droits de l'Homme de Genève, en Suisse, le rapporteur spécial, Olivier De
Schutter, a déclaré que le droit international dans le domaine des droits de
l'Homme exige une aide et une coopération internationale pour la jouissance
du droit à l'alimentation.
Dans sa note de présentation du rapport dont la PANA a pris connaissance
jeudi, Olivier De Schutter indique que "la spéculation dans le marché à
terme des denrées agricoles primaires est l'une des causes de la hausse du
coût de la nourriture".
Il a également évoqué la part de responsabilité de la production d'agrocarburant
dans l'instabilité du prix alimentaire, notant que: "Les discussions sur la
nécessité ou pas d'arrêter ou promouvoir la production de carburant dans le
plus grand intérêt des agriculteurs, devrait être faite en tenant compte aux
droits de l'Homme.
"A ce jour, à l'exception du Brésil, la production des bio- carburants ne
s'est pas révélée être une alternative aux carburants fossiles, étant donné |
l'utilisation de terre fertile, de l'eau et l'énergie
nécessaires", a-t-il déclaré.
Il a invité les 47 pays membres du Conseil à adopter rapidement des accords
globaux et directives pour examiner la production d'agrocarburant.
Selon lui, "bien que la hausse des prix ait pris au dépourvu le monde, les
pauvres ont faim non pas parce qu'ils ne peuvent s'offrir à manger ou qu'ils
manquent de nourriture, mais, parce qu'ils n'ont pas les moyens d'acheter la
nourriture disponible".
Dans le même sillage, trois responsables d'agences onusiennes ont fait le
point de la crise alimentaire mercredi au cour d'une réunion spéciale du
Comité de développement du Parlement européen à Bruxelles, en Belgique. Il
s'agit de la directrice du Programme alimentaire mondial (PAM), Josette
Sheeran, du directeur général de l'Organisation des Nations unies pour
l'alimentation et l'agriculture (FAO), Jacques Diouf et le vice-président du
Fonds international pour le développement agricole (IFAD), Kanayo Nwanze.
Ils ont expliqué aux participants les stratégies utilisées pour répondre
conjointement à la flambée des prix alimentaires.
Le PAM a déjà annoncé une assistance de plus de 200 millions de dollars
américains pour aider à alléger la famine dans 16 points névralgiques.
"Avec les agriculteurs qui ne sont pas en mesure de nourrir leurs propres
familles, nous sommes en zone dangereuse", a déclaré la patronne du PAM,
Josette Sheeran, lançant un appel en faveur d'une "action extraordinaire"
pour s'attaquer à la menace de malaise due aux stocks alimentaires plus bas.
La FAO a pour sa part promis d'aider à booster la production alimentaire
dans 78 pays en fournissant aux agriculteurs des semences, de l'engrais, des
aliments pour animaux et autres outils en plus de 1 milliard de dollars
américains qu'elle dépense dans les activités sur le terrain.
L'IFAD a promis quelque 200 millions de dollars américains sous forme de
prêts et subventions pour aider les agriculteurs dans les pays en
développement tout en réitérant son appel d'investissement à long terme en
faveur de près de 500 millions de planteurs dans ces nations en vue
d'augmenter leur revenus et leur résistance face aux fluctuations de prix.
http://www.intelink.info/ |