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Jusqu'à présent, les
scientifiques redoutaient un tel phénomène de dominance des espèces transgéniques sur
les espèces naturelles mais sans apporter pour autant de preuves. Les deux scientifiques
américains ont réussi à modéliser ce risque : ils ont identifié trois nouveaux
scénarios dans lesquels l'introduction d'OGM pourrait entraîner l'extinction d'espèces
naturelles. Ils se sont prononcés aussitôt pour le confinement strict et à long terme
de toutes les espèces OGM créées de par le monde. |
Juin 2002 : Une nouvelle étude scientifique américaine vient de donner des
arguments supplémentaires aux anti-OGM qui craignent que l'introduction accidentelle
ou volontaire d'espèces transgéniques dans l'environnement naturel représente
un risque pour la faune ou la flore sauvage.
Les professeurs William Muir et Richard Howard de la Purdue University
(Etats-Unis) viennent en effet de démontrer grâce à des modélisations informatiques et
des analyses statistiques que l'immiscion d'OGM dans la faune sauvage entraînait un
risque réel et rapide d'extinction d'espèces naturelles. Cette
université américaine s'est spécialisée dans les risques liés aux
biotechnologies. Pour leurs études, les deux chercheurs ont pris l'exemple du
saumon, un poisson sur lequel les expériences génétiques sont déjà bien avancées.
Des saumons transgéniques plus gros et à la croissance plus rapide ont déjà été
créés en laboratoire.
Jusqu'à présent, les scientifiques redoutaient un tel phénomène de dominance des
espèces transgéniques sur les espèces naturelles mais sans apporter pour autant de
preuves. Les deux scientifiques américains ont réussi à modéliser ce risque : ils ont
identifié trois nouveaux scénarios dans lesquels l'introduction d'OGM pourrait
entraîner l'extinction d'espèces naturelles. Ils se sont prononcés aussitôt pour le
confinement strict et à long terme de toutes les espèces OGM créées de par le monde.
A propos du saumon, les deux professeurs ont établi dans un premier scénario que « la
création d'un poisson plus gros, ayant plus de chances de frayer mais une durée de vie
plus courte, pourrait entraîner une extinction de la population sauvage en moins de 40
générations »
D'après un deuxième scénario, la modification génétique qui serait à l'origine
d'un accroissement de la taille des mâles leur permettrait de trouver davantage de
compagnes et de vivre plus longtemps tout en abaissant leur fertilité. Ce scénario
entraînerait une extinction de la population sauvage encore plus rapide, en moins de 20
générations seulement.
Le dernier scénario modélisé prend en compte l'invasion d'un gène introduit
dans la population naturelle de saumons. Pour Richard Howard, ce risque est encore mal
défini : à ce jour, les scientifiques ne savent pas si l'augmentation de la
fréquence d'un gène « étranger » parmi une population naturelle posera à long
terme un problème ou pas.
Face à l'inconnu, les scientifiques ont appelé au principe de précaution tout en
précisant que « l'examen solide et non biaisé des risques » était indispensable
avant d'espérer acquérir « la confiance des consommateurs dans l'usage des
technologies transgéniques ».

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