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Source Agoravox. Mercredi 30 novembre 2005.
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Développer une alternative aux énergies
classiques comme le gaz, le charbon ou le pétrole est un enjeu majeur du
XXIe siècle. D’une part, ces énergies sont épuisables, d’autre part, elles
sont très polluantes en CO, CO2, NOx. L’hydroélectricité, l’éolien, le
solaire ou la biomasse représentent des solutions alternatives de production
énergétique qui ont l’avantage d’être, d’une part, renouvelables, et,
d’autre part, de n’émettre que peu ou pas de gaz à effet de serre et de
polluants. Ces énergies participent donc à l’ambition d’un développement
durable.
La France a su très largement exploiter son potentiel hydraulique, mais
reste très en retard dans les autres domaines. Pourtant, son potentiel dans
tous les domaines est conséquent. Ainsi la France dispose du 2e gisement
éolien d’Europe. Cette situation est aussi liée au choix qui a été fait du
‘tout nucléaire’ dans les années 1970. Ce choix, s’il peut apparaître
pertinent sous de nombreux aspects (capacité de production, gaz à effets de
serre, etc.) pose quand même des problèmes non négligeables en termes de
gestion des déchets ultimes, de souplesse et de risque technologique.
La recherche et le développement des énergies renouvelables ont été retardés
en France à cause de la priorité donnée au nucléaire et des budgets
minuscules consacrés à la recherche sur l’énergie. De plus, la situation de
monopole dont jouissait EDF n’a pas permis l’émergence d’acteurs nouveaux
sur le marché de l’électricité. Ainsi, aujourd’hui, Jeulin n’est pas en
capacité de produire des éoliennes de très grande puissance, par exemple.
Aujourd’hui, la montée du cours du pétrole pose de façon de plus en plus
aiguë le problème des énergies renouvelables. En effet, aux raisons
conjoncturelles qui expliquent la hausse du cours du pétrole (instabilité
politique au Proche-Orient) s’ajoutent des raisons structurelles
(raréfaction des nouveaux gisements à mettre en exploitation à des coûts
acceptables, hausse de la demande en pétrole de la Chine et de l’Inde).
Nous devons aujourd’hui soutenir le développement des énergies renouvelables
en France. Un certain nombre de propositions peuvent être faites dans ce
sens :
Crédits d’impôts à la production
Les crédits d’impôts de production soutiennent l’introduction des énergies
renouvelables en permettant aux compagnies qui investissent dans les
énergies renouvelables d’amortir cet investissement plus facilement. Un CIP
peut être employé comme dispositif central pour l’appui des énergies
renouvelables, car il permet d’aider à financer le déploiement des nouvelles
technologies qui souffrent de la concurrence de technologies traditionnelles
moins coûteuses, car déjà amorties.
Utiliser les excédents de la TIPP pour financer la recherche
Plutôt que de céder à la tentation populiste de réduire le taux de la TIPP
d’une façon ou d’une autre pour en gommer les effets sur les consommateurs,
il semble plus important d’utiliser les excédents dégagés à cause de la
hausse de cours pour financer la recherche. En effet, la France a un retard
considérable à combler dans le domaine des énergies renouvelables. Or, à
moyen terme, la mise en œuvre de ces énergies sera indispensable pour faire
face à la raréfaction des énergies fossiles. La France doit assurer son
indépendance future en développant sa recherche, pour disposer des capacités
techniques nécessaires à la mise en œuvre de ces technologies quand elles
deviendront indispensables. Sinon, elle se trouvera dépendante d’autres
pays, avec les inconvénients économiques et politiques que cela peut avoir.
Favoriser les véhicules propres
L’idée qui avait été évoquée, il y a quelque temps, de surtaxer les
véhicules les plus consommateurs de carburant et de primer les véhicules
plus économes doit être reprise et défendue au niveau européen.
Faire preuve de courage politique
Les débats sont passionnés, mais les argumentations, parfois empreintes
d’une forte part de subjectivité, sont à la limite de la mauvaise foi.
Ainsi, les opposants aux éoliennes (aérogénérateurs) mettent en avant trois
arguments. Les éoliennes abimeraient les paysages, or au Moyen Âge l’Europe
était couverte de moulins, qui d’ailleurs aujourd’hui sont souvent devenus
des lieux patrimoniaux. Du reste, sont elles si disgracieuses, relativement
aux centrales nucléaires ou thermiques ? Les éoliennes seraient bruyantes,
pourtant, les études menées ont montré que le bruit des pales est inférieur
à celui du vent dans les branches des arbres, et que les éoliennes
produisent beaucoup moins de décibels que la circulation automobile. Enfin,
les éoliennes sont accusées de présenter un danger pour les oiseaux, alors
que, d’une part, les ornithologues ont montré que la mortalité aviaire
directe est infime, d’autre part, les oiseaux sont tout à fait capables de
reconnaître le danger que représentent les éoliennes pour eux.
Le lobby anti-éolienne agite donc des accusations relevant plus du fantasme
que de l’argumentation scientifique. Il est indispensable, dès lors, de
faire preuve de courage politique pour imposer le développement des
éoliennes, et démonter ces faux arguments.
Revoir la législation sur les éoliennes
La législation concernant l’éolien doit être revue. D’une part, pour en
faciliter le déploiement, et d’autre part, pour rassurer les riverains.
Ainsi, il faut faciliter la délivrance des permis de construire par les
maires, mais soumettre celle-ci à l’accord des communes riveraines. Il faut
aussi définir des seuils légaux de bruits, susceptibles de rassurer les
habitants lors de l’installation d’une éolienne.
Le solaire
L’implantation de panneaux photoélectriques en toiture dans les
constructions nouvelles doit être facilitée : fiscalement, et dans les
documents d’urbanisme, ainsi que pour les édifices publics.
Article rédigé par Lalmy
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