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Canoë Mélanie Tremblay
13/08/2008
Laure Waridel, cofondatrice d’Équiterre
La planète compte près de 6,7 milliards d’habitants. De ce nombre,
la Banque mondiale estime que plus de
2 milliards sont touchés par la crise
alimentaire.
Selon l’ONU, 36 pays vivent de l’insécurité
alimentaire, dont 21 de l’Afrique subsaharienne, alors que cette région
importe 45% du blé et 84% du riz qu’elle consomme. Quatre experts ont fait
le point aujourd’hui lors d’une conférence sur la crise alimentaire qui
s’est tenue à l’Université Laval.
«Il y a des prix de denrées alimentaires qui ont augmenté entre 150% et 300%
depuis 2000. Par exemple, le prix du blé a augmenté de 200%. Le maïs, le riz
et les céréales ont été durement touchés. En moyenne, on parle d’une
augmentation de 75% dans l’ensemble», a lancé d’entrée de jeu Jean-Jacques
Déthier, directeur de recherche à la Banque mondiale.
M. Déthier a rappelé que la crise actuelle est le résultat de plusieurs
facteurs. Parmi ceux-ci, l’expert note la hausse du prix du pétrole et la
demande accrue de produits agricoles dues à la croissance démographique. Il
a souligné que 50 millions de Chinois sortent de la pauvreté par année. Il a
indiqué également d’autres facteurs comme le développement économique des
pays émergents, la spéculation financière, la demande accrue de
biocarburants, les politiques gouvernementales interdisant l’exportation des
céréales d’abord initiées par l’Inde en octobre 2007. Enfin, il a pointé
également la réduction des stocks alimentaires à cause entre autres des
changements climatiques ce qui a comme conséquence que les stocks céréaliers
sont actuellement de 409 millions de tonnes, soit leur plus bas niveau
depuis 30 ans.
Impacts
Alors que 850 millions d’êtres humains étaient déjà victimes de
sous-alimentation chronique et que plus de 3,5 millions d’enfants en meurent
chaque année, plus de 2 milliards d’habitants sont maintenant touchés par la
crise alimentaire, ce qui accentue du coup la mort infantile. «En 2007, il y
a eu six millions d’enfants morts avant l’âge de cinq ans, car ils n’ont pas
eu les moyens d’acheter de la nourriture ou d’avoir accès aux terres
agricoles», a fait remarquer l’auteure et écosociologue Laure Waridel,
cofondatrice d’Équiterre. |
«Dans les pays pauvres, 70% à 80% du
budget familial est consacré à la nourriture. Et c’est souvent bien peu. Au
Canada, on parle de 10% à 11%, et nous mangeons à notre faim», a indiqué en
comparaison Sylvain Charlebois, professeur de marketing à l’Université de
Régina.
La Banque mondiale donne l’exemple d’un sac de riz de deux kilos qui
représenterait la moitié du revenu moyen d’un foyer pauvre au Bangladesh.
«Quand on pense aux 100 milliards de tonnes de nourriture gaspillées
annuellement aux États-Unis et au Canada, ce qui équivaut à 200 kilos par
personne par année, c’est peu dire», laisse tomber M. Charlebois.
Mme Waridel mentionne que selon une analyse de l’ONU, jusqu’à la fin du 18e
siècle, les écarts entre les 10 pays les plus pauvres du monde et les dix
pays les plus riches étaient minimes. En 1920, les dix pays les plus riches
avaient des avoirs trois fois plus élevés que les dix pays les plus pauvres.
En 1992, on parle d’avoirs 72 fois plus élevés. Alors qu’aujourd’hui, les
avoirs sont 279 fois plus élevés chez les dix pays les plus riches
comparativement aux dix pays les plus pauvres.
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