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13-10-2007
Faites l'amour pas la guerre ! Cette maxime fleurant bon le flower power
des années hippies pourrait bien avoir été inventée par les bonobos, si
ceux-ci étaient dotés de la parole. Ces grands singes, proches de la famille
des chimpanzés, sont en effet réputés pour une activité sexuelle débordante
qui leur sert en partie à résoudre les conflits qui peuvent se produire au
sein de communautés pouvant compter jusqu'à une centaine de membres.
Leur sexualité débridée permet de réconcilier des membres du clan ou d'apaiser
des tensions naissantes. Le sexe comme outil de paix sociale il fallait y
penser. Les bonobos y ont pensé et, pour ne pas tomber dans une routine un peu
ennuyeuse, ils ont développé des attitudes bien particulières. Homosexualité,
attouchements, rapports oraux sont notamment au menu de ces singes délurés qui
sont également le seul animal au monde, avec l'homme, à pratiquer la position
dite du missionnaire.
De tels comportements ne pouvaient que rendre célèbres ces animaux, même si
ceux-ci sont loin d'être les plus connus des grands singes, les gens étant
plus familiarisés ave les chimpanzés, gorilles ou orangs-outangs. Pourtant, de
nombreux scientifiques s'accordent à dire que ce sont bien les bonobos qui
sont nos plus proches parents. Fait assez incroyable, il faut savoir que ces
animaux ont 99% de gènes en commun avec l'espèce humaine.
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De là à les considérer comme de
proches parents, il y un pas qui est malheureusement loin d'être franchi. Pour
s'en convaincre il suffit de voir le traitement qui est réservé à ces animaux.
Braconnage et déforestation sont les deux facteurs principaux qui pourraient
conduire à terme à la disparition pure et simple de cette espèce. Il faut
savoir qu'au début des années 80 on estimait leur population à environ 100 000
individus. Depuis, le déclin est catastrophique puisqu'on estime aujourd'hui
qu'il ne resterait que 10 000 à 20 000 bonobos vivants, certains observateurs
pensant même qu'il n'y aurait qu'environ 5 000 survivants.
Contrairement aux chimpanzés, les bonobos vivent dans un territoire assez
réduit et bien délimité, dans les forêts tropicales humides du nord de la
République Démocratique du Congo.
Une zone géographique bien précise qui réduit leurs chances de survie. Ces
forêts sont en effet de plus en plus exploitées par l'homme, notamment par de
grandes compagnies minières, ce qui réduit considérablement l'habitat des
bonobos. Pour ne rien arranger, les populations locales attribuent des vertus
aphrodisiaques et fortifiantes à certaines parties de leur anatomie ce qui
contribue à un braconnage dévastateur. L'instabilité politique et la pauvreté
qui touchent la République Démocratique du Congo font également augmenter les
menaces pesant sur cette espèce.
De nombreux organismes, dont le célèbre Institut Jane Goodall, sont mobilisés
pour venir en aide à ces grands singes, mais l'optimisme n'est pas forcément
de mise. A l'instar de bien trop d'espèces, les bonobos pourraient bien un
jour appartenir à l'histoire, les générations futures devant se contenter
d'animaux empaillés exposés dans les muséums d'histoire naturelle du monde
entier. Un triste scénario malheureusement crédible qui, on l'espère, sera
démenti dans les années à venir.
vincent, pour la rédaction
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