Winnipeg (Manitoba), 31 juillet 2001 - Un groupe de diverses organisations s'associe pour rejeter l'introduction de blé génétiquement modifié au Canada.Le Syndicat national des cultivateurs / National Farmers Union (NFU) , l'association manitobaine Keystone Agricultural Producers (KAP), l'Association des municipalités rurales de la Saskatchewan (SARM), le Directorat biologique de la Saskatchewan (SOD), la Commission canadienne du blé (CCB), Greenpeace Canada, le Conseil des Canadiens et la Coalition canadienne de la santé demandent au gouvernement fédéral de suspendre l'autorisation de blé génétiquement modifié à moins que soient prises en compte les inquiétudes des producteurs, des consommateurs et des marchands de blé canadien.
« Certains seront peut-être surpris de voir une telle coalition d'intérêts aussi divers, » remarque Stuart Wells, porte-parole de la coalition. « Mais si nous sommes ici aujourd'hui tous ensemble, c'est parce que nous sommes tous inquiets de l'introduction de blé génétiquement modifié. »
Dans une lettre au premier ministre Jean Chrétien, la coalition exprime ses inquiétudes. Ce document a reçu l'appui de plus de 210 associations de groupes d'intérêts, de gouvernements locaux et de groupes de citoyens au Canada. La coalition a également le soutien de plus de 50 experts et chercheurs canadiens et de 60 organisations internationales.*
Stuart Wells souligne que les agriculteurs se disent inquiets de l'impact agronomique d'une telle décision et des risques de perte de marchés, tandis que du côté des consommateurs les inquiétudes vont de la sécurité des aliments aux soucis en matière de l'environnement et de pertinence de la réglementation en la matière. Et Wells d'ajouter qu'il serait temps qu'Ottawa prête l'oreille.
« Le gouvernement du Canada, ajoutait Wells, doit non seulement écouter ce que les citoyens ont à dire mais il doit aussi agir dans le sens des intérêts économiques des agriculteurs : le gouvernement doit suspendre le processus d'autorisation du blé génétiquement modifié. »
Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :
Commission canadienne du blé http://www.cwb.ca/
Conseil des Canadiens (The Council of Canadians) http://www.canadians.org/
Greenpeace Canada http://www.greenpeacecanada.org/ Sommaire de la page Suisse : Des scientifiques neuchâtelois mettent en garde contre les disséminations de blé génétiquement modifié Le transfert de gènes entre du blé cultivé et une plante sauvage est possible. Des chercheurs de l'Université de Neuchâtel révèlent pour la première fois l'existence de ce risque en Europe centrale et entendent donner des réponses plus précises dans le cadre du Pôle de recherche national Survie des plantes en milieux naturels et agricoles. 2001-09-03
mo/bi. Sur l'ensemble de notre planète, le blé appartenant à l'espèce Triticum aestivum représente l'une des cultures les plus répandues. On en produit 21 millions de tonnes par an, ce qui correspond à une surface totale de 230 millions d'hectares. Mais pour garantir des récoltes optimales, il faut écarter tout risque d'échange de patrimoine génétique avec des espèces voisines. En outre, pour préserver l'intégrité de la flore spontanée, il est important d'estimer, dans le cas de cultures de plantes transgéniques, les risques de passage de gènes modifiés d'une plante cultivée à ses parentes sauvages.
Les travaux publiés cet été par le groupe de chercheurs emmenés par François Felber dans la revue Theoretical and Applied Genetics, démontre que non seulement le blé se croise avec une cousine sauvage, l'égilope cylindrique ou Aegilops cylindrica, mais que ces croisements donnent naissance à des plantes hybrides dont certaines produisent des graines. De plus, lorsque les hybrides en question se recroisent avec des individus de l'espèce sauvage, ils engendrent des plantes qui, tout en affichant la morphologie de l'égilope, gardent des traces du patrimoine génétique provenant du blé cultivé.
Ces résultats prennent toute leur importance sitôt que l'on songe à la culture de plantes transgéniques. Comme l'explique François Felber: "Prenons du blé artificiellement doté d'un gène qui le rend par exemple résistant aux herbicides. Il y a un certain risque -certes faible, mais il existe- pour que ce gène se transmette de génération en génération à l'égilope cylindrique. Cette dernière, qui est en fait une " mauvaise herbe ", pourrait à son tour devenir résistante à l'herbicide, réduisant à néant les efforts du cultivateur pour l'éliminer."
Les expériences se sont déroulées dans des champs de la Station fédérale de recherches en production végétale de Changins, près de Nyon. François Felber et ses collègues s'étonnent du fait que les croisements produisent un nombre d'hybrides très variable selon l'origine géographique des égilopes. "Ces différences montrent qu'il est important d'évaluer très précisément les risques, même à un niveau régional, puisque dans cette étude, toutes les plantes sauvages proviennent du Valais", souligne François Felber.
S'agissant de la Suisse, ces chiffres n'alarment pas trop les chercheurs, car les égilopes cylindriques ne se trouvent qu'en Valais, une région à production céréalière modérée. Mais ailleurs en Europe, le taux d'hybridation pourrait significativement augmenter.
"Malgré la faible fertilité des hybrides, ces risques ne doivent pas être sous-estimés", avertissent les auteurs de l'étude suisse. Cette mise en garde vaut surtout pour les Etats-Unis où cette mauvaise herbe a déjà envahi l'équivalent de 3 millions d'hectares, causant des pertes significatives dans les récoltes de blé et diminuant sa qualité.
Source: Communiqué de presse de l'Université de Neuchâtel: http://www.unine.ch/presse/Communiques/transfertgenes.htm Résumés de l'article dans "Theoretical an Applied Genetics" Theor Appl Genet (2001) 103:1-8 de R. Guadagnuolo D., Savova-Bianchi, F. Felber. Titre: Gene flow from wheat ( Triticum aestivumL.) to jointed goatgrass ( Aegilops cylindricaHost.), as revealed by RAPD and microsatellite markers.
Informations complémentaires sur ce thème: Résumé de l'article dans "Theoretical and Applied Genetics" Volume 103 Issue 2/3 (2001) pp 191-196. Titre "Search for evidence of introgression of wheat (Triticum aestivum L.) traits into sea barley (Hordeum marinum s.str. Huds.) and bearded wheatgrass (Elymus caninus L.) in central and northern Europe, using isozymes, RAPD and microsatellite markers de R. Guadagnuolo, D. Savova-Bianchi, J. Keller-Senften, F. Felber
http://link.springer.de/link/service/ m
Article sur le travail de F. Felber dans Bioweb du 12.1.1997: Français. Sommaire de la page L'IPE exhorte Ottawa de dévoiler l'emplacement de cultures transgéniques Toronto (Ontario), 27 juillet 2001 - Le ministre de l'Agriculture de l'Ile-du-Prince-Edouard s'indigne qu'Ottawa refuse de dévoiler l'emplacement des cultures expérimentales de blé génétiquement modifié qui poussent quelque part dans sa province. En raison de la pollinisation croisée, ces cultures pourraient en endommager d'autres, craint Mitch Murphy.
Dans une lettre que le ministre a reçu en mars dernier, l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) indiquait que la multinationale Novartis allait cultiver du blé modifié génétiquement dans des champs dont l'emplacement serait tenu secret. Novartis est une compagnie qui conçoit des médicaments et des semences.
« Nous vous demanderions de nous faire part de vos questions à ce sujet aussitôt que possible », spécifiait la lettre.
M. Murphy soutient qu'il a demandé à l'ACIA où serait semé le blé transgénique et qui serait responsable dans l'éventualité où des problèmes surviendraient. On lui aurait répondu que ces informations étaient confidentielles.
L'ACIA aurait dit au ministre que Novartis ne révélerait aucun emplacement, la compagnie craignant que les cultures soient la cible d'espionnage industriel et de vandalisme.
« Nous n'avons pas obtenu les réponses à ce que nous croyions être de très importantes questions, a déclaré M. Murphy. Je crois que la province a tout à fait le droit de savoir. »
Source : Presse Canadienne
Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :
Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) http://www.cfia-acia.agr.ca/ Sommaire de la page CANADA : Une coalition contre le blé OGM de Monsanto 07/08/01 http://www.pleinchamp.com/ La firme entend commercialiser le premier blé génétiquement modifié au monde, résistant au Roundup, à partir de 2003. Une perspective qui inquiète une l'opinion publique et les fermiers canadiens. L'introduction du blé génétiquement modifié de Monsanto inquiète au Canada. Une coalition de 210 organisations comprenant des syndicats agricoles des Prairies, des élus, des scientifiques et d'autres organisations de consommateurs et de citoyens a demandé au gouvernement fédéral de suspendre l'autorisation du premier blé génétiquement modifié, que Monsanto projette de lancer entre 2003 et 2005. La compagnie a déjà mené des essais secrets de ce blé de printemps « Roundup Ready ». Les agriculteurs s'inquiètent de l'impact agronomique d'une telle décision et des risques de pertes de marchés. Le Canada est un des tout premiers exportateurs mondiaux de blé et serait alors obliger de procéder à la séparation coûteuse des récoltes GM et des non-OGM, car de nombreux clients étrangers exigent des livraisons garanties sans OGM. Le Canada n'est pourtant pas un pays exempt d'OGM. On y cultive déjà à large échelle du colza de printemps génétiquement modifié. |