Yvan Marzin

TOUT EN BAS! Ascenseur expressLa firme Bayer demandait à la direction d'Auschwitz "un lot de femmes saines"

 

 

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France 2, 27 Janvier 2005

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Bayer, BASF, Hoechst: Auschwitz - un système économique

Il y a 60 ans, la libération d'Auschwitz

Auschwitz, un système économique

Les déportés étaient les rouages d'une économie basée sur l'esclavage. L'horreur à son paroxysme...

Pseudo-recherches et vraies récupérations

Réduits à l'état d'objets totalement déshumanisés, les déportés devaient pouvoir être utilisés au maximum. Des milliers d'entre eux ont ainsi subi des "expériences" médicales menées notamment par le Dr Mengele, parfois baptisé le "médecin de la mort" dans le Revier, l'infirmerie du camp, en fait plutôt un mouroir. Des recherches ont notamment été entreprises sur le typhus: pour ce faire, la maladie était injectée à des cobayes humains.

D'autres recherches portaient sur l'"hygiène de la race". Leurs promoteurs s'efforçaient ainsi de prouver scientifiquement la véracité des théories nazies sur les peuples jugés "inférieurs" et la "supériorité" de la "race aryenne". Dans le même temps, les médecins des camps pratiquaient aussi des stérilisations pour contribuer à l'"extinction" de certaines catégories de population.

Il arrivait aussi que les camps "louent" des détenus à des entreprises privées pour la réalisation d'expériences sur des cobayes humains en l'absence de toute réglementation contraignante. On a ainsi conservé des échanges de lettres datant de 1943 où la firme Bayer demandait à la direction d'Auschwitz "un lot de femmes saines" pour de telles expériences. Un peu plus tard, Bayer se plaint que "les sujets soient très amaigris et affaiblis" (cité par le site Coordination gegen Bayergefahren, http://utangente.free.fr/anewpages/crg25.html).

Comme pour le bétail, rien ne devait se perdre. Les vêtements et les biens que les déportés apportaient avec eux étaient récupérés avant d'être triés et récupérés pour les besoins de la nation allemande. Les dents en or prises sur les cadavres étaient fondues en lingots: les prothèses dentaires auraient ainsi fourni 17 tonnes de métal précieux. Les cheveux étaient utilisés comme toile de crin ou rembourrage pour des matelas. Ils étaient vendus au prix de 0,50 mark le kilo aux usines de feutre Alex Zink près de Nuremberg, selon le site internet Université Tangente. Les os calcinés étaient récupérés pour la fabrication d'engrais ou de phosphate. De la peau humaine aurait par ailleurs été utilisée pour faire des lampes et de la graisse pour faire du savon.

Le système concentrationnaire, très méticuleux, poussait ainsi jusqu'au bout sa logique: celle de l'horreur.

Des esclaves pour l'économie allemande

S'ils constituaient un système d'extermination, les camps de concentration, étaient aussi, ce qu'on ne sait pas toujours, un système économique fondé sur l'esclavage. Les déportés gardés en vie à leur arrivée à Auschwitz ou dans les autres camps devaient pouvoir servir l'économie allemande et son effort de guerre. Considérés comme "rentables", ils étaient utilisés comme main d'ouvre gratuite, taillable et corvéable à merci. Bref, ils étaient transformés en esclaves.

Dans un rapport à Himmler en date du 30 avril 1942, le chef de l'Office principal économique et administratif SS, Oswald Pohl, fournit des détails très explicites sur l'intérêt de cette main d'oeuvre. "La guerre a apporté des changements structuraux visibles dans les camps de concentration, et a radicalement modifié leurs tâches en ce qui concerne l'utilisation des détenus. La détention pour les seuls motifs de sécurité, éducatifs ou préventifs, ne figure plus au premier plan". En clair, les motifs idéologiques et politiques sont laissés de côté. "Le centre de gravité s'est déplacé vers le côté économique", poursuit Pohl. "La mobilisation de toute main d'ouvre des détenus pour des tâches militaires (augmentation de la production de guerre), et pour la reconstruction ultérieure en temps de paix, passe de plus en plus au premier plan" (souligné par nous ; source: (l'excellent) site des "Territoires de la mémoire", 2004, Centre d'éducation à la tolérance et à la résistance à Bruxelles).

En conséquence, un nouveau règlement des camps, joint au rapport, a été édicté. Trois articles donnent une bonne définition de l'esclave des camps. Article 4 : "Le commandant du camp est seul responsable de la main d'ouvre. Cette exploitation (sic) doit être épuisante dans le vrai sens du mot afin que le travail puisse atteindre le plus grand rendement". Article 5 : "La durée du travail est illimitée. Cette durée dépend de la structure et de la nature du travail ; elle est fixée par le commandant seul". Article 6 : "Toutes les circonstances qui peuvent limiter la durée du travail (repas, appels, etc.) doivent donc être réduites à un strict minimum. Les longues marches et les pauses pour les repas de midi sont interdites". De nombreuses firmes privées vont ainsi pouvoir profiter à plein de ce nouveau système esclavagiste. De ce que les SS appelaient crûment l'"extermination par le travail".

Le travail des déportés

"Arbeit macht frei", le travail rend libre, peut-on encore lire aujourd'hui à l'entrée du camp d'Auschwitz. Un parfait exemple du cynisme et de la perversité nazis...

"Au départ, les déportés étaient utilisés pour des travaux d'agrandissement des camps ou la construction de routes. Certains camps comme Mauthausen furent implantés près de carrières, dans le but d'y extraire les pierres nécessaires aux pharanoniques projets" hitlériens, explique le site des "Territoires de la mémoire". Mais très vite, ils durent participer directement à l'effort de guerre allemand, pour la fabrication d'armes, de missiles V2...

Les esclaves des camps étaient aussi loués ou vendus à des firmes privées. La "location" était facturée 3 ou 4 reichsmark (RM) par jour. Fin 1944, les recettes s'élevaient à plus de 50 millions de RM par mois. Fin 1944, à l'époque où le régime nazi était en voie d'effondrement... "D'après mes souvenirs, on envoyait des détenus de camp de concentration dans toutes les entreprises industrielles allemandes qui pouvaient en employer massivement. (...) Dans l'ensemble, il y avait dans toute l'industrie allemande, au plus fort de l'opération, quelque 500.000 détenus au travail", se souvient ainsi le Obersturmbannführer Karl Sommer, de l'Office principal économique et administratif de la SS (cité par les Territoires de la mémoire).

En tout, selon l'historienne Annie Lacroix-Riz, 12 à 14 millions de travailleurs, pour la plupart des juifs et des prisonniers de guerre, ont été exploités par les entreprises allemandes pendant la Seconde guerre mondiale.

A Auschwitz, la quarantaine de camps du complexe étaient implantés au plus près des implantations industrielles: mines, fonderies... Les esclaves se trouvaient ainsi directement à pied d'ouvre, à proximité immédiate des lieux de production. Les entreprises qui les géraient ont, aujourd'hui encore, pignon sur rue : il s'agit de Siemens, BMW, Thyssen, Daimler-Benz, Krupp, IG Farben...

"La nation toute entière a adhéré aux principes fondamentaux suivis par Hitler. Nous les Krupp, nous (...) voulions seulement un système qui fonctionne bien et qui nous donne l'occasion de travailler sans être dérangés. La politique ne nous concerne pas. (...) Quand on m'a questionné sur la politique antijuive des nazis et qu'on m'a demandé ce que j'en savais, j'ai dit que je ne savais rien de l'extermination des juifs et j'ai ajouté : 'Quand on achète un bon cheval, il faut aussi prendre en compte quelques défauts'", expliquera en 1945 Alfred Krupp von Bohlen und Halbach  (source : site de la Maison de la conférence de Wannsee)...

Le cas d'IG Farben

Première entreprise à avoir utilisé la main d'ouvre des camps, IG Farben, fondée en 1925 et jusqu'en 1945 numéro un mondial de la chimie, est de celles qui ont le plus profité du système concentrationnaire. Rappelons qu'elle a aussi fabriqué le gaz Zyklon B, insecticide utilisé dans les chambres à gaz.

En février 1941, les nazis expulsent les habitants du village de Monowitz, situé près d'Auschwitz pour le compte d'IG Farben. Profitant d'exonérations fiscales, la firme installe deux usines sur le site, désormais appelé Buna ou Auschwitz III : une unité produisant du caoutchouc synthétique, une autre de l'acide acétique. Outre la main d'ouvre docile et à bon marché, IG Farben profite de la présence de mines de charbon... et d'une protection contre les bombardements alliés. Entre 1941 et 1945, 35.000 détenus passèrent par Buna. 25.000 y trouvèrent la mort (chiffres cités par "Le Monde Diplomatique", janvier 1998).

Après le procès de Nuremberg (1945-1946), IG Farben sera scindée en différentes unités : BASF, Bayer, Hoechst, géants de l'industrie chimique allemande moderne... Ses actifs sont confisqués par les Alliés. Treize de ses dirigeants sont condamnés à des peines allant de six mois à six ans de prison.

Jusqu'en 1952 subsiste une société liquidatrice, IG Farben in Abwicklung (IG Farben en liquidation) qui devrait ensuite s'auto-dissoudre. Mais la dissolution ne cesse d'être repoussée. La société investit notamment dans l'immobilier. En 2003, elle détenait ainsi 500 immeubles, au total évalués à au moins 5 millions d'euros d'actifs. Si BASF, Bayer ou Hoechst ont alimenté un fonds d'indemnisation allemand des travailleurs forcés du nazisme négocié en 2001 (montant total : 5,1 milliards d'euros), IG Farben in Abwicklung n'a jamais versé un seul centime. Et ne versera jamais rien : la société a déposé son bilan en novembre 2003.

Pour autant, "le dossier ne se clôt pas avec la cessation de paiement de l'entreprise : derrière les restes d'IG Farben se profile une de ses anciennes filiales, la société de participations WCM, grand actionnaire de Commerzbank et à la tête d'un important portefeuille immobilier. Les associations de victimes reprochent en effet à WCM d'avoir en partie vidé les caisses d'IG Farben de manière douteuse il y a dix ans, 'permettant ainsi l'expansion très remarquée de WCM'". ("Libération", 11-11-2003).

http://info.france2.fr/dossiers/monde/7607633-fr.php

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